8 mars 2009

superficialisme



Il y a un an, mon camarade Antoine me parle de son projet de fabriquer lui-même une machine à tatouer sur le modèle de celles construites depuis la seconde moitié du XXème siècle dans les prisons. Le mécanisme est simple : un moteur de rasoir ou de walkman, sur lequel sont fixés un stylo et une aiguille changés à chaque fois. Ce matériel semi-professionnel est bien évidement stérile et à usage unique.
Antoine, avec la collaboration de Karin, a monté le Club des Superficialistes, Club de Tatoués Néo-Loubard et ont précisément défini de manière "encyclopédique" leur projet ou manifeste (cf N°1 Entrisme Magazine). Ils parlent même de le faire publier dans wikipédia. Antoine s'est d'abord tatoué la cuisse droite en mode brouillon, et depuis ce sont les copains qui y sont passés. Et je fus le numéro 5!
"Pas de rendez vous! Superficialisme = acte spontané!" annonce dès le départ Karin.
Un tatouage qui pour le superficialiste sera une marque encrée d'affection, un souvenir, la trace d'une époque...
Mon heure est venue pendant un apéro chez Antoine où W. lança "et si on se faisait tous tatouer?" Ok, on y va! Antoine prépare sa machine, nettoie la place, entre temps je réfléchis quelques instants à ce dont je vais me faire encrer. Et tiens pourquoi pas une croix? Le calvaire des voyous revisité en "Calvaire des Copains". Il y a des gens dans la vie que l'on soutiendra jusqu'au bout, que ce soit dans leurs galères ou dans leurs projets les plus fous et d'une certaine manière on les aide à porter leur propre croix, comme le christ a pu le faire. La chaîne hi-fi joue "Rumble" de Link Wray. C'est un instant assez cinématographique. Je me dessine le patron sur la cuisse gauche, une dernière bouffée de cigarette et m'installe pour me faire piquer. L'aiguille rentre beaucoup plus profondément que celle d'un tatoueur basique. Et ne trace pas direct le trait, c'est plus par à coup. W se fout de ma gueule et raconte des blagues salaces, ça m'évite de tirer la grimace. J'observe l'aiguille buriner la peau, le sang et l'encre forment une croûte qui va bien avec la symbolique de la croix.
Le "Calvaire des Copains" est aussi un hommage à ces blousons noirs comme Johnny de Montreuil, ces voyous qui semaient jadis la terreur dans Paris et pratiquaient aussi cet art du tatouage. J'ai toujours été intriguée par les loubards et leurs tatouages faits à l'arrache en prison : oeil de biche, larme, fleur, prénom de gonzesse, calvaire des voyous... Quand t'es gosse, les vieux t'apprennent à avoir peur de la marginalité. Et pour ces vieux cons, être tatoué c'est foutre les deux pieds dans le club des marginaux. D'ailleurs dans le salon du mythique tatoueur old-school, le Sailor Jerry, un écriteau indiquait à la clientèle "Les principales raison de ne pas se faire tatouer". Et parmi les "Ta mère va te tuer", il y a surtout "De part le fait d'être tatoué, vous serez classé chez les "Barbares" ( Et c'est la Cour Supreme de l'État de New York qui le dit!). Barbare? Ok, ça marche!

25 févr. 2009

UNE PAUSE CAFÉ?


L'histoire se passe à l'accueil d'un centre bureaucratique. Bernard, Laurence et Yvonne discutent brièvement après la pause déjeuner.

Yvonne : C'est la criiiiise...
Bernard : Hé oui, je vois que dans l'entreprise où je travaille, le marché de l'architecture s'effondre. Plus de commande chez les coffreurs, plus de commande chez les charpentiers, rien de rien! Tout est en train de péter.
Laurence (en se se triturant nerveusement une mèche de cheveux) : Oh, dans les Dom-Tom, ça y va bien...
Bernard : Mais ce qui se passe dans les Dom-Tom, c'est ce qui va arriver demain en France, les entreprises n'embauchent plus. Plus de boulot, plus de commandes, que veux-tu! Je vois ça comme une sorte de mini-guerre civile. Là où je bosse, il n'y a que des commandes de coffre-forts! Les vieux achètent à fond de l'or pour le stocker. J'ai un pote qui me disait qu'aux États-Unis, les gens s'achètent des terrains en rase campagne pour y construire des bunkers, un peu comme dans "Mad Max", tu vois? Je crois... pourtant je suis pas le genre de mec pessimiste, vraiment pas, mais je crois qu'on va vers un scénario du genre.
Yvonne : Oh tu y vas un peu fort quand même...
Bernard : Bon, tu vois moi je parle de ma compta qui se casse la gueule, tu vois il y a des boites qui au début des années deux-mille, dans la com', la téléphonie etc... et bah ils embauchaient dix personnes pour faire la même chose. Et ces dix personnes ne savaient même pas répondre elles-mêmes à un service demandé.
(Yvonne et Laurence restent dubitatives. Elles sont les deux secrétaires chargées de la communication de l'entreprise, elles se sentent un peu visées.)
Bernard : Enfin bon, je dis ça, je dis rien, d'ailleurs, il faut que je retourne à mes moutons! Sur ce, bonne après-midi!

Mademoiselle Riposte!

Dimanche matin, le téléphone sonne à 10H30. C'est B : "Je vais skater, tu viens?"


Après quatre années passées sans poser le pied sur une board, j'avais zappé que c'était l'un des trucs les plus cool du monde. Pendant longtemps le skate avait perdu ses lettres de noblesse sans doute à cause des mass medias, des gosses de riches, des petites pouffes, des marques de skate elle même qui voulaient faire du fric, c'était devenu une mode vestimentaire. Tout le monde portait d'énormes paires de Globe, tellement moches qu'on aurait dit des tanks. Tout le monde écoutait de merdiques groupes de punk mélodique et l'industrie de la soup music se faisait du fric avec un tube atroce nommé "sk8ter boy". Agonie, agonie. Et puis un jour les petits riches et les petites pouffes ont viré rock n'roll, et on remplacé les baggys par des slims et la soupe par une autre soupe. Et celui qui disait aimer le skate passait pour un ringard et tant mieux pour lui.

Les années 90-2000 furent la perversion du skate, des mecs se sont mis à inventer des tricks (figures) ultra balèze genre pour épater la galerie de pompom girls sur le banc. Les gens sont devenu cons. En gros t'étais pas technique, pas sapé et t'avais un matos perave : t'étais naze!

La belle époque du skate, c'était celle de Natas Kaupas, des Z Boys et bien sur de Marty dans Retour vers le Futur. L'époque où c'était juste cool. Oui cool, mais si les graffitis "Locals Only" fleurissaient sur les palissades et que les bagarres entre bandes alimentaient les faits-divers des journaux, c'était super rock n'roll! D'ailleurs si tu tombes sur le documentaire "Dogtown and Z boys" tu verras la genèse du skate en images. C'est assez dingue, les planches sont rudimentaires : le bois c'est du vulgaire contre-plaqué, et on dirait même que les trucks ont été piqués sur des patins à roulettes. Les mecs se repeignent la banane entre deux slides avant d'aller surfer à Venice Beach, avec en fond d'ambiance les Straitjackets.


Mademoiselle Riposte!

13 févr. 2009

RESTE PAS CHEZ TOI MON PETIT!

Voici une liste un peu hasardeuse des évènements potentiellement intéressants du mois. Vous pensez bien que je suis navrée d'éclipser le grotesque air guitar contest. Quoique pour chouraver des t-shirts metallica vintage il n'y a pas meilleur spot.

Vendredi 13 février : Le top c'est le concert de Vivian Girls, Lucy and the Popsonics et The Battant au Point FMR + aftershow à la Féline. C'est aussi le lancement du 7° numéro de Keith au New York Club, Paris avec The Yolks, Mr Soap et les Shaaades en djs, on parie qu'ils passent leur nouveau disque de taxi girl?
Super! Mon Amour squatte le Social Club avec Duke Dumont, Dat Politics, Bullion et Goldie Locks.
Samedi 14 février : les célibataires, allez-donc foutre la zone avec les Black Lips + Ponytail à la Maroquinerie et finissez en beauté, devrais-je dire en 'branchééé' chez Régine pour la No Valentine's Day avec Housse de Racket et Mystery Jets.
Pour les plus pacifiques il y a Amazing Baby @ Flèche d'Or. Ce sont des potes de Mgmt, faut pas les bouder vous pourriez peut-être gratter le numéro d'Andrew.
N'oublions pas la Flash Cocotte à La Java, que du bonheur avec Mary Poppers, Corrine, Dactylo et caetera et caetera points de suspension.
Pendant ce temps les rennais transpireront à la Nerds Can Dance#4 devant les lives de Radioclit, Fulgeance et Nil à l'Ubu.
Mercredi 18 fév. : RDV Rock au Backstage avec The Beyonders et The Draytones, pas mal sinon je propose Ra Ra Riot + Koko Von Napoo + Revolver @ Flèche d'Or (pas intéressant mais y en a qui aiment donc je ne prohibe pas.)
EN REVANCHE, jeudi 19 fév. : Project:Komakino, Frustration, Factory Floor toujours au même endroit.
Sinon il y a un Rade quelque part dans Paris. C'est toujours marrant de voir des filles soûles à la Bavaria danser sur des standards r'n'b au fond d'un Pmu. Et puis la bière est cheap.
Vendredi 20 fév. : Kitsuné maison 2 avec La Roux, We Have Band, Two Door Cinema Club (trop mimis), et David E Sugar à la Maroquinerie. C'est bien mais c'est cher alors je vais plutôt au Backstage voir The Neat, Guilt Pursuit et The Valets, c'est british ça fleure bon le bacon et les winklepickers.
Mais aussi : Gang Gang Dance au Point FMR, ça tue.
Mardi 24 fév. : The War On Drugs aux Nuits de l'Alligator à la Maroquinerie, ouahhh.
Mais j'aimerais mieux être au bar de l'Ubu dans ce cher Rennes puisque l'Inrocks Indie Club nous apporte Friendly Fires sur un plateau d'argent. Il y aura aussi Secret Machines, Twisted Wheel et NagNagNag.
Mercredi 25 fév. : soirée Rock Is Dead? à la Flèche d'Or, je veux dire quinze anglais mignons et bien sapés au mètre carré. Mais on déserte parce qu'il y a WAVVES à la Méca.
Quelle tache, j'avais oublié Laurence Wasser à la Miroiterie. Et puis le Social Club fait son Antisocial comme tous les mercredis, cette fois avec ShitDisco, Silvouplay et Special Ed. Mais on s'en care, parce que Tim Burgess est derrière les platines du Régine après les lives de Rodeo Massacre et des Tatianas.
Jeudi 26 fév. : broyez du noir sur le dj set April 77 au Motel, bande de poseurs, mais il y a un live punk deux rues plus loin, à la Méca. Ça s'appelle Teenage BottleRocket et si ma copine Joinnie y va, ça veut dire que c'est vachement dingue.
Vendredi 27 fév. :
Samedi 28 fév. : soirée Artrocker avec Nelson, Micron 63, puis la Crocodile Team et le Relou Krew aux platines, Flèche d'Or. Le hic c'est que j'ai pas trouvé d'after.
Et le jour du seigneur on sera avec les copains au Centre Pompidou pour le lancement d'Entrisme #1. Mais quoi mais qu'est-ce? Va donc y jeter un oeil ---> http://www.entrisme.com/

Et alors le 10 Mars j'ai repéré le live de Blurt (iiiihhh!!!!!) à la Flèche, décidément cet endroit est cool. Faudrait jute revoir à la baisse le prix des consos et changer l'équipe de physios qui font une réaction allergique à tout ce qui a plus d'un gramme cinq dans les artères. Dans ces cas-là tu peux toujours minauder ou taper un scandale, vu comme ta démarche leur rappelle les premiers pas de Bambi il vaut mieux aller voir ailleurs. Sinon tu peux toujours escalader la grille. Testé et approuvé.

Candy.

9 févr. 2009

Rennes, une soirée parmi tant d'autres...



Rennes, j'ai la gueule de bois. Je bade tellement que j'ai mal au coeur. On risque de s'ennuyer ce soir les amis, courons vite à marché picole acheter un pack, il est bientôt 20 heures. On va chez l'autre, ok! Un concert? Un bar? Une soirée selector? Un concert? Un bar? Une soirée selector?

Ouais cool ce groupe... mais l'ampli guitare est mal réglé... T'as vu les arsouilles au bar? Putain j'ai peur... j'ai la dalle, oh non pas un kebap, tiens j'ai un projet de soirée selector avec un groupe de garage bidulle chouette qui pourrait être sensas... Oooh merci pour la bière, tu veux un shooter. Deux "french kiss" s'il vous plait. Ok les copains sont à la soirée selector truc, ok on y va. Putain c'est quoi cette ruelle pleine de pisse, ah ça pique le nez à partir de 23H ici. J'ai encore cassé un talon. ouais ouais. T'as du feu? Non désolée. Oh merde c'est quoi ce clodo bourré? ah beurk, il pue le crust! On va choper des 8-6 à l'arabe pour l'after chez untel? OK, le bar est déjà fermé, salut, ça va? salut, ça va? salut, ça va? salut, ça va? salut, ça va? salut, ça va? trop cool, after chez untel, non il est crevé car il bosse demain, bon tous chez moi, pas de problème par contre le mec bizarre là, il vient pas. Oui tu peux ramener truc et truc.

Merde, il est déjà 1heures, appelons donc apero bidule. La tête qui tourne, tous entassé sur un clic clac, les cadavres s'entassent sur la table "lack" de chez ikea. Merde j'ai plus de clope, tu m'en passe une? Ah ah ah untel s'est barré avec une meuf... Bon tant pis, certains amis dorment déjà sur le clic clac, on se fait une pyjama party? Ok, ok, ah ah ah tu vomi dans un sac? prend plutôt le lavabo, ça crains moins... Oh non, celui de la cuisine plutôt car un mec qui a pissé dans celui de la salle de bain... Pourquoi s'enferment ils à trois dans les toilettes? Je suis naïve, moi... Bah pourquoi il a utilisé de la poudre de riz. Baissez la musique, s'il vous plaît, les voisins vont encore gueuler, la dernière ils ont appelés les flic. Ah non, ne casse pas la gueule aux voisins, ah merde, c'est déjà fait... C'est quoi ce badge, ah ouais c'est ... Tant pis j'aurai oublié demain. Bah pourquoi t'es retour toi? Ok, ok,.. Bon moi je veux dormir... je dors où, bah pionce là, ouais désolée c'est pas top. Bah pourquoi tu saigne, ok tu t'es battu... mais pourquoi, ah il avait une tête de con... Tant pis, ça craint vos histoires... Bah j'suis pas mieux non plus. Bon on dort, ok...

Oh, il fait jour... j'ai encore de l'alcool dans le sang, pas toi? Non, tu l'as chopé? Sérieux, j'aurai pas cru... Moi je chope pas, il n'y a que des moches ici. Bon qui veut un café? Oh t'es un thrasher, toi tu bois encore de la bière? J'ai faim... Une pointe? Non merci, j'ai arrêté... Encore une journée de gâchée... tant pis, je suis au chômage et de toute manière la fac est bloquée... Comme tu le dis si bien, Rennes 2, c'est toujours les vacances... Ah ouais ce soir, il y a tel et tel groupe qui jouent là bas. Tu y vas? Ok je t'accompagne, il parait que ça vaut le coup quoique c'est pas trop mon style, mais bon. Je passe chez toi prendre l'apéro, à 19 heures ça te va? Ok, c'est chic, j'appelle les gars, on va bien se marrer comme l'autre jour, c'était quand déjà???

Mlle Riposte!

5 févr. 2009

Pause. Play.


Eh les p'tits zgegs, j'ai fouillé dans mes amis myspace et j'ai sélectionné


1/ un morceau pour clubber devant le Pc :

Gentlemen Drivers : 2042 L.A. Dreams

2/ un morceau pour se couper les tifs façon shoegaze post-RDA :

1000 Robota : Wir Bauen Eine Neue Stadt

3/ et un morceau pour les rêveurs qui aiment se mettre tous nus dans les dunes :

Yussuf Jerusalem : Greetings From Novi Sad


"Comment ça c'est que des liens myspace? On peut pas télécharger? Ah la salope."


Candy.

27 janv. 2009

Late Of The Pier, La Maroquinerie, 26 jan. 09.

Late Of The Pier jouent en ligne et tellement au bord de la scène qu’ils manquent de se casser la figure quinze fois. Il faut dire qu’avec les bébés-puces hystériques qui pullulent dans la fosse c’est pas chose facile que de rester en place. D’ailleurs le chanteur finit par s’y jeter, même qu’il se fait méchamment empoigner l’entrejambe par une mini-moi qui n’a même pas la majorité sexuelle. Enfin, je me dis que quand tu te pointes sur scène avec un look de soirée pyjama faut pas t’étonner qu’on ait envie de te mettre dans son lit.
Je suis interviewée à la sortie, ça donnait à peu près ça :
« Alors, qu’est-ce que t’as pensé du concert ?
- Ouah, c’était vraiment cool !
- Tu connaissais l’album un peu ?
- Ouais, très bien, je suis Late depuis plus d’un an mais je les avais jamais vus, ils sont ultra excitants sur scène –musicalement je veux dire.
- Donc pas déçue ?
- Nan, trop pas. »
Et là va savoir si j’ai voulu faire mon intéressante ou quoi mais j’ai dit un truc idiot, genre :
« Le petit mec en pull à paillettes aux synthés, celui qui a une tête de fille, quand il danse on dirait Nikola Sirkis dans le clip de 3ème sexe mais euh… sous Lsd.
- Euh … ok. Sinon j’ai vu pas mal de gens qui ont pas aimé le bordel dans la fosse, ça t’a pas gêné toi ?
- Moi ? Tu rigoles. C’est une réaction normale, t’es forcé de te secouer sur un son pareil, en mode euh ... jerk convulsif, tu vois.
- Tout à fait. Autre chose à ajouter ?
- Ouais, je te trouve super mignon. »

Candy.

26 déc. 2008

Krystle Warren, c'est top

Faut que je vous parle de mon dernier coup de coeur. Là vous vous dites "naaaannn elle va encore nous les casser avec ses gothiques londoniens". Eh ben même pas, bande de rats.
Je n'ai pas l'habitude d'aller fricoter du côté des artistes "vibes" parce qu'à l'origine, c'est pas trop ma came. Mais vendredi j'avais pas de plan soirée et que des potes en vacances alors je me suis motivée pour le concert de Krystle Warren à la Maroquinerie, l'ouïe tout à fait disponible, et je ne l'ai pas regretté.
La frêle new-yorkaise à casquette nous a servi une entrée en scène a capella des plus impressionnantes, avant l'arrivée de ses musiciens super groovy. Vocalement, Krystle est un drôle d'oiseau, quelque part entre Tracy Chapman et Jeff Buckley : une androgynie parfaite au service de compositions sciantes de justesse qui m'ont décollé la paupière et mis la larme à l'oeil en moins de temps qu'il ne m'en faut pour finir mon verre. Et je suis une rapide. Chaque morceau m'a laissée haletante parce que je retenais mon souffle jusqu'à la dernière note. Je ne l'ai pas quittée des yeux sauf pour voir la tête que faisaient les gens autour de moi : ils étaient tout mielleux tout sourire, à taper dans leurs mains, et tant de bonheur c'était touchant.

E.P. "The Up Series" disponible.
Album "Circles" en février 2009 (Because Music)
myspace.com/krystlewarren

Candy.

16 déc. 2008

Une anecdote d'un jour à la con.


Un jour de travail parmi tant d'autres. Un pause cigarette pour évacuer la pression, pour contempler les néons de la fête foraine du Champs de Mars qui se la jouent "Las Vegas" en faisant clignoter des mots comme : SLALOM ou MOVE IN TOP.

Et soudain, la voix homme d'une soixantaine d'années me surprend dans ma rêverie... Je me retourne. Il tient entre ses mains un renard orange fluo en pneumatique gonflable. Je hausse les sourcils et il me lance "C'est pour effrayer les poules, j'vais rentrer avec ça dans la bibliothèque pour effrayer les cons, ils vont rien comprendre, hein? [ ... ] " dit-il d'un air amusé. Je fais quelques pas en arrière et il entre comme il était apparu dans les Champs Libres. Les portes vitrées se referment sur lui et il disparaît dans la foule... Au loin j'entend les cris en mode wah-wah des gens grisés par les montagnes russes. L'exact antidote d'un mardi après-midi souligné du mot ENNUI.

Mademoiselle Riposte!

12 déc. 2008

1789 ???


Le 21 novembre dernier au 1929 à Rennes, un gros bordel LO_FI venu tout droit de Brooklyn s'est installé. Dès les quatre premières mesures, Team Robespierre fait chavirer la foule, le chanteur cours dans tout les sens - tel Taz le diable de Tazmanie - en vue de franchir le mur du son. Toutes les notes s'entrechoquent, le public ne sait jamais sur quel pied danser. Le concert se passe comme un gros courant d'air, les morceaux défilent à la vitesse de la lumière : c'est pas du punk, c'est pas de l'electro, mais ça y ressemble... C'est le molotov idéal.
Un truc qui s'explique à peine et qui mérite d'être vécu...

Mademoiselle Riposte!

8 déc. 2008

"chup-chup."

Vendredi, au DoMac avec Maths Class, je tente un débrief sur leur concert de la veille. Rincés au vin rouge, Alex et Mike me piquent mon cahier pour y lâcher trois mots et un peu de ketchup, et entreprennent de postillonner des frites sur la journaliste de Clash Magazine venue les interviewer.

7 déc. 2008

Mo(rne)derne?

Être "la caution jeune" n'est pas mon dada. Le graphisme caca, ils comprennent pas. Le chauve et l'autre avec la paire de lunettes qui te graissent la patte un jour, se foutent de ta tronche le suivant. Enfin bon, moi ça me fait marrer... Finalement, je suis ravie qu'ils n'aiment pas et je n'ai aucune envie de me vendre. La pression de l'opinion publique des grandes personnes ne me regarde pas.

Dans ce festival, j'ai apprécié The Death Set, et découvert un autre monde en interview avec Johnny Siera. (à paraître). J'ai trouvé Math Class assez fantastisque. J'ai réussi à apprécier l'électro. J'ai adoré les Bars en Trans, ce coté village rock, bien loin des paillettes du parc expo... De (re)voir avec toujours autant de plaisir : Billy Bullock and the Broken Teeth, Sheraff, Molly's, Dogkennel Hill ...

Mais au final. Entre les navettes qui n'arriveront plus à République... les gens piétinés... et la viande soule agressive... les Trans-Musicales qui me faisaient tant rêver ado m'ont laissé un goût amer.

J'ai couru, couru, couru et été déçue.

Une jeune conne moderne,

Mademoiselle Riposte!

Bang Bang!



Professor Murder n'en n'ont rien à faire des guitares. Issus de New-York, ce quatuor mixe les synthétiseurs avec habilité à des sections rythmiques démentes, ça pourrait rappeller un peu le post-punk dans le processus mais il y a un attrait débilement "dance" dans tout ça.
Le nom vient d'une petite marionnette issue de l'émission télé "Mr Show" sur HBO's au début des 90's. Elle avait pour but de moquer d'un rappeur de type "East Coast" qui s'affrontait éternellement l'autre fraggle branchée "West Coast". Alors comprenez donc que Professor Murder c'est un peu la science de l'esthétisme caca où Barbie Princesse se fait troncher dans le carrosse devenu citrouille qu'elle a piqué à Cendrillon. Musicalement C'est le genre de basse lourde mais fofolle qui soutient en beuglant hystériquement pour que le Champion synthétique gagne la course pour être les premiers à se prendre le mur du son en pleine face, et là : ça fait "BouM" (comme le concorde).


Mademoiselle Riposte!

Les filles c'est fait...


Avec ses yeux noirs et son air fragile, Françoiz Breut, l'égérie du nantais Dominique A, fait son retour sur la scène des Bars en Trans. Perdue de vue depuis 2005, elle revient avec un nouvel album intitulé "À l'aveuglette".

Bien que je n'aime pas - voire même déteste - la chanson française d'aujourd'hui et ses artistes fredonnant d'une voix morne le quotidien des bobos, Françoiz Breut ce n'est pas ça. C'est de l'anti-poésie sur de la pop en français de caractère. A l'écoute de ses albums, on se peut se retrouver propulsé dans des paysages urbains, des zones industrielles en jachères, des appartements abandonnés...
Françoiz Breut, c'est une ancienne des Beaux-Arts et elle est aussi l'illustratrice de livres pour enfants et de pochettes d'albums comme celle du groupe folk de St Nazaire Tazio & Boy.
La voix du Twenty-Two Bar à fait son chemin depuis et elle est à (re)découvrir à La Maison du Champ de Mars, Vendredi 5 décembre.


_______________________________________________

___________________________________________

______________________________________

______________________




Les membres de Creature ont des airs d'enfants cachés de Divine, le travesti du Polystyren de John Waters. Si on donnait au public une carte à gratter pour voir leur concert en "odorama", ce serait du parfum de chez Pimkie, de la transpiration, du champagne cheap, et l'odeur d'une fête foraine.
Leur slogan est "Putting the F back into Punk!!", sous-titré d'un "imagine la fille la plus chaude que tu connais dans un étincelant bikini doré en train de boire un grand verre de champagne et en renversant partout sur elle-même".
Ils revendiquent une attitude dance-rock, et produisent des morceaux énergiques avec un chant parfois rythmé hip-hop. Ce mélange de mauvais-goût, de robes léopard (pour les filles), chapeaux de cuir (pour les garçons) sur fond de disco rock n'roll vous rappellerons l'époque des B 52's, Cindy Lauper et bien-sûr Blondie.
En parlant de Blondie, et plus particulièrement de la chanteuse du groupe, Debbie Harry est venue à un concert de Creature. A la fin du concert elle est venue taper sur l'épaule d'un des membres et lui a dit "Salut Cowbella, je m'appelle Debbie. C'est un super concert, j'aime vraiment ce que vous faites. Vous avez vraiment un bon truc qui débarque. Je vous souhaite le meilleur".
Chers festivaliers, suivez donc les conseils de cette bonne vieille Deborah et foncez voir Creature, ce vendredi 5 décembre au Hall 9, à partir de 21H.


-------------------------------------------------------------------------------------------------


Dans la famille "Jacky", je demande "la fille".
MISS PLATNUM, c'est qui elle?
N'ayez pas peur, braves gens, il n'est pas question de l'élection de la reine de beauté "option banquette arrière" du grand complexe nocturne local.
Dans la lignée des "fat" qui s'assument comme Beth Dito, la roumaine Miss Platnum - de son vrai nom Ruth Maria Renner - fait bouger les berlinois du popotin sur du Rn'B brillant et délicieux. L'attitude "Bling Bling" est revisitée en mode Kraut, ici on repeint les choux et les mercedes en rose et on hurle "giveeee meeee sooooommeeee fooood". Pour les anorexiques du premier rang, ça va être dur mais sachez que le chanteur allemand Pete Fox à fondu pour la miss. Ensemble, ils ont enregistré le single "Come marry me", le clip est à mourir de rire dans le genre parodie du bling-bling guimauve et des codes du pseudo-romantisme qui feraient fuir les Rihanna et autres Eva Longoria en devenir.
Miss Platnum : ça c'est de la meuf et de la vraie! Wesh gros!

Vendredi 5 décembre, Hall 9, 22H30

Mademoiselle Riposte!

MATHS CLASS


Dans les cours de mathématiques, les Nerds faisant bourgeonner leur logique sur des calculatrices Texas-instruments n'ont pas inventé la musique Math-rock et encore moins le fil à couper le beurre de leur cheveux.
Mais bref c'est leur problème!
Influencés par la musique répétitive et autres mignardises minimales comme le style télégramme, ces cinq mecs originaires de Brighton (UK) donnent de jolies saynètes faites de mélodies synthétiques et de guitares mélodiques. Chaque note est une particule qui pourrait être dans un imaginaire enfantin un nuage, une étoile, une goutte d'eau mais bien sûr ce paysage idyllique peut-être parfois troublé par une grosse machine non identifiable qui produit du bruit et des cris, et ça s'appelle un concert quand on revient sur terre.
Car il ne faut pas se leurrer, il y a des gros bouts de (post)punk chez Math Class, des guitares incisives qui risquent de trancher le public comme le ferait une scie-sauteuse. Un micro-téléphone qui provoque des dissonances pour le malheur de vos oreilles chéries. Un son de basse issu d'une chimiothérapie qui transforme la musique en maladie incurable qui risque de provoquer chez le public fièvre ou vomissements, au choix.

Hall 3 - 0h 30 - Jeudi 4 Décembre.

Mademoiselle Riposte!

The Death Set

Comment présenter l'un des groupes les plus attendus de ce festival? Issus de Batimore, aux États-Unis et potes de Dan Deacon et Team Robespierre, ils sont fans de D.I.Y et aiment jouer un peu partout d'une cave à une grosse scène. Ils aiment bien tout retourner à chacune de leur prestation, ne se souciant pas de la frontière entre le public et la scène. D'ailleurs, comme ils le précisent, chaque membre du groupe pratique en plus de son instrument l'irresponsabilité. Musicalement, ça ressemblerait à une sorte de collage fait de synthés d'une certaine galaxie, de guitares piquées à des coreux, des cris et des échantillons de voix piquées à droite-à gauche. Sur l'EP "To", on ressent ce sentiment d'urgence et de violence, cette énergie si particulière qui te donne envie de t'envoyer en l'air, de faire un gros "fuck" à la vie ou de courir dans tout les sens en te prenant pour un super-héros. Alors, mets tes baskets à ressort et va mouiller ton T-shirt (ou ta culotte) sur The Death Set mais fais gaffe quand-même à ne pas y laisser ta peau, OK?

Jeudi 4 décembre - Hall 4 - 23H45

Mustang


Ces trois gars pourraient faire partie de la bande de potes du personnage Lucien illustré par Frank Margerin dans les 80's. Leur section photo sur myspace pourait-être un story board d'un film de mauvais garçons, look high school, guitare demi-caisse, et ducktail gominée en prime. Mustang cumule tous les clichés rockabilly qui sont si agréables à retrouver de nos jours puisque bon James Dean, Elvis et cie, c'est comme Capri, c'est fini depuis longtemps.
D'ailleurs, ils prétendent être le groupe que les idoles écoutent au paradis mais restons en France. Lorsque j'entends le titre "Maman Chérie", ça me rappelle Johnny Hallyday, première période avec son tube "Depuis qu'ma môme". "En Arrière En Avant" ou "Je m'emmerde" c'est le coté "blouson noir", l'époque des groupes éphémère.

La place – Bars en Trans

6 déc. 2008

LES TROIS GRACES

Le Corps Mince de Françoise: "On a adoré jouer aux Transmusicales. Le public était super présent, super enthousiaste. C'est vraiment agréable de jouer quand on se sent encouragé comme ça! Merci à vous!"

par RollK!

Les Trans

Personne n'a capté notre revival sous forme de webzine. Ok l'année dernière on avait fait fort: trois nuits blanches, des litres de café et de bière (oui oui en alternance). Cette année on n'avait ni le temps ni les moyens de refaire le périple du numéro par jour de festival- dont les articles, si vous vous en souvenez bien, étaient écris au jour le jour! Donc voilà il va falloir vous y habituer les cocos.
Trêve de plaisanterie, parlons du festival. Pour faire bref, tout se passe pour le mieux dans le petit monde du parc expo. Les Trans ont une fois encore réussit à nous transporter dans un paradis musical dont personne ne veut sortir. ça c'est le passage nostalgique de l'article. Et oui nous sommes déjà au troisième jour de festival et ça me rend triste. Faire un festival- je veux dire en tant que festivalier- est peut être une des choses les plus difficiles qu'on ait à faire sur terre. Il faut s'immerger très très rapidement dans un univers étrange où il est normal de se taper des traces dans les toilettes, où faire une after jusqu'à 14h est bénin, et où se bidonner avec des groupes est la chose la plus naturelle du monde. Alors oui franchement après avoir fait toutes ces choses- et bien d'autres encore- pendant deux jours, on n'a aucune, mais alors aucune envie de reprendre le train pour Paris. Paris devient nulle et chiante. Rennes retrouve son image rock'n'roll qu'on aime tant. Tout ce blabla pour dire que faire un festival est quelque chose d'émotionellement destructeur. Il faut être siphonné, ou complètement maso pour se lancer dans une aventure si courte et si intense pour finir un dimanche après-midi dans son lit avec un bol de céréales et des charentaises aux pieds. Je sais, un festival c'est avant tout un moment de détente et d'éclate. Mais je voulais rappeler à tout ceux qui se la pètent genre "ouais sympatoche le festi' enfin pas de quoi en faire un fromage non plus." ou pire "oula déjà cette heure là, je vais me rentrer à l'hôtel moi hein, en plus il fait froid ici" qu'il ne faut pas oublier de dire "merci".
par RollK!

5 déc. 2008

T'sais quoi

J'ai dit des bêtises au sujet d'Iglu & Hartly. C'est pas évident d'écrire sur un groupe que t'as jamais vu en plein effort physique, vu que ça constitue les trois quarts de son identité et que tant que tu l'as pas vu t'es pas idéalement placé pour juger de ce que ça vaut. Parce qu'hier soir, ça l'était, physique. Je venais d'arriver au parc expo, In This City commençait : j'ai couru vers la scène à fond les ballons, transportée par la mélodie ultra-efficace et quand le mec a balancé son flow, on a fait le W avec nos doigts et on l'a brandi fièrement en gueulant "west siiiiiiiiiiiiiide!" Parce que tout était là, le soleil californien, les torses bronzés, le hip-hop qui tue et ce refrain juste incroyable repris par la foule. On jumpait tous comme des péquenos au premier concert de leur vie. J'avais pas accroché sur les autres morceaux, avant, sauf qu'en live ils étaient tous incroyables, et avaient tous un putain de potentiel tubesque. J'en ai parlé avec Andy de Maths Class, qui les déteste éperdument : il appelle ça une hit machine, il trouve que c'est trop facile, que t'es forcé d'aimer un groupe pareil parce qu'à son goût y a rien de compliqué, c'est immédiat, que t'as pas besoin d'avoir des oreilles ultra averties pour apprécier Iglu & Hartly. Eh ben justement moi c'est ce qui me plaît chez ce groupe. ça fait du bien de kiffer un morceau dès les premières secondes sans devoir te creuser les neurones pour retrouver des filiations tordues avec tel ou tel truc obscur des années 80. C'est cool de trouver que ça fait un peu Red Hot tout de même et que ce flow à la Beastie Boys il déchire. Tu sors du concert et t'es ravi. Tu t'es éclaté, t'as secoué ton brushing, ton petit cul et tu te dis que ces trans elles commencent bien.

Candy.