3 déc. 2008

"Je collectionne les Gremlins"

Samedi dernier, Flèche d’or (encore ?!). Pendant le set de Bobmo on fait la queue pour les toilettes. Juste derrière il y a un mec un peu grand avec une moustache et des lunettes de super-myope.
« Rôôô, mate le mec qui se prend pour Gaspard !
-Mais couillonne, c’est lui hein. »
Gaspard Augé donc, ou la moitié de Justice, le duo qu’on ne présente plus même pas à ta grand-mère. Leur actu c’est un Dvd, « A Cross The Universe » : un concentré de musique, de nichons, de vodka, de baston, électrique et trash au possible, récit chaud-bouillant de leur dernière tournée américaine.
« Ouais enfin on a tourné 250 heures de film sur 3 semaines de teuf et n’en a gardé qu’une heure, donc forcément le résultat est super extrême. C’est Romain là, qui filmait, et So_Me aussi.
-Je vous ai vus deux, trois fois en live et chaque fois c’était démentiel. Ce qui se passe dans la foule est extraordinaire, je sais pas si de votre point de vue vous en avez pleinement conscience ?
-Nan en effet on se rend pas vraiment compte.

-On est nombreux à voir ça comme une grand-messe, il y a un côté dévotion assez puissant, les gens sont fous dès le départ.

-C’est vrai. Justement notre truc c’est de jouer à fond sur la frustration, les tenir le plus longtemps possible, sur toute la durée du live.

-C’est un peu sexuel comme rapport au public.

-Assez, oui… »

Un mec se balade avec un appareil-photo balèze, il aveugle à grands coups de flash tous les gens un peu famous qui traînent par là.
« Tu connais le CobraSnake ?

-Ouais on l'a rencontré plusieurs fois. Bah c’est un mec qui a eu du bol, il a été le premier à faire de la photo de soirée comme ça. Tu veux un peu de poudre blanche ? »
J'ose pas.
« Et niveau musique c’est quoi ton truc ?

-Ouh la. En ce moment j’écoute vachement Electric Light Orchestra. Ça te dit on se casse on trouve un after ? »

Sûr. En attendant le taxi je remarque le bar d’à côté.
« Ah ouais, j’ai joué là-bas avec mon groupe il y a longtemps. C’était pourri putain.

-T’avais un groupe ? Un groupe de quoi ?

-J’étais batteur. On faisait du... du… du post-rock. »

Hum, d’accord.
« Et Justice c’est vraiment récent ou quoi ?

-Pas tellement en fait, ça fait 5 ans. On s’est aussi rencontrés il y a 5 ans.
-C’est les Trans la semaine prochaine, tu te souviens de votre live là-bas ?

-À Rennes ouais, ça doit faire deux ans. Après c’est vrai qu’on a enchaîné les dates, je me rappelle pas de tout. Mais les trans c’était cool. Comment il s’appelle déjà euh..?

-Jean-Louis Brossard?

-Ah ouais Brossard. Il est cool. »

CANDY#

myspace.com/etjusticepourtous


Dvd "A Cross The Universe"
Disponible.

26 nov. 2008

You fucking freak!

A night and a day with Televised Crimewave


Quand Black Wire a splité, en juillet 2007, j'ai été profondément affectée pendant trois jours, à la seule pensée qu'ils arrêtaient avant que j'aie eu une chance de les voir. Mais Dan Wilson et Tom Greatorex ont embrayé aussitôt sur un nouveau projet : Televised Crimewave.
Tu prends PiL, Beefheart, The Fall et tu t'en fais un burger, mais tu rajoutes un peu de Blur pour que ça tienne bien à l'estomac. J'ai donc naturellement reporté tout mon amour fanatique sur leurs chansons tellement, mais tellement cool. Et j'ai été prise d'hystérie en les voyant programmés à la Flèche d'or vendredi soir.

23 heures, les quatre garçons discutent à une table, sur la terrasse avec deux-trois jolies filles. Avec un litre de gin tonic dans le sang j'ai pas trop de mal à les aborder; et on s'est tout de suite bien entendus.
Après ça j'ai passé des heures avec eux mais j'ai même pas trouvé le moyen de les interviewer, trop occupée à me bidonner en sifflant des mojitos la clope au bec. À défaut d'un blabla à deux grammes cinq je peux vous montrer à quoi ça ressemblait. Et je me suis bien amusée. On a imité des poupées gonflables, voir photo ci-contre.

Après on a ramené le matos à l'hôtel où Dan a commencé à s'endormir avec un sourire béat sur la figure. Malheur.
On a fait des photos, escaladé la fenêtre et on a réalisé qu'il n'était que deux heures du mat alors on est repartis à la flèche pour boire un peu plus.




Euh là je peux pas vous dire de quoi il s'agit pour la bonne raison que je m'en rappelle pas. Mais il est toujours plus ou moins question de Blur, de tatouages ou de feuilles de menthe coincées entre les dents de Tom :

SpiderDan tente un envol :


Et Rob tente une approche :

On repart pour l'hôtel vers 5 heures. Dan se sent seul, il appelle sa copine. Sa copine c'est Helena Gee, la voix de Silhouette (à voir le 12 décembre à la flèche d'or, soit dit en passant).
Ça, c'est du couple qui déchire, je veux le même.

Je m'endors à l'hôtel. Quand je me réveille Tom s'est volatilisé, il est parti dormir avec Dan au milieu de la nuit. À son retour on débat des meilleures façons de traverser la Manche. Je retrouve mon mojito tout desséché sur la table, en revanche j'ai encore perdu mon portable. Ça m'arrive à peu près tous les weekends. Les gars sont cool. Je m'imaginais un lendemain matin silencieux et pesant, l'air de dire "mais t'es encore là toi?" Au lieu de ça c'est la déconne générale, et ils ont la dalle. Je m'improvise guide touristique pour le reste de la journée (on ne dépassera pas le 20ème.) Tom :
"Tu sais s'il y a un macdo dans le coin?
-Ouais il y en a un à côté."
Trop content, il lui dit à son pote, sur un ton ultra-solennel : "She knows where McDonald's is."
Je chourave un savon pour ma collec et on laisse la chambre. Dan n'est pas prêt, il fait le malin en caleçon et t-shirt beavis&butter. Obligé de mettre du dentifrice sur sa brosse à dents et lui la planter dans la bouche pour qu'il se décide à bouger. Il chante dans le sèche-cheveux pendant que les trois autres s'impatientent : "T'as vraiment l'air d'une pince avec une chaussure et pas de futal."

On finit par sortir. Au domac je leur explique le jeu Uno sur les boîtes : ils font un petit tas de cartes au milieu des frites et l'offrent à un petit renoi qui a demandé gentiment. Bat est content il a gagné un hamburger.
Dan a la migraine. "Im gonna die... I'm gonna... mourir". On est tous encore un peu bourrés, on se marre comme des crétins. Le pire c'est Tom, j'ai jamais vu un mec se marrer autant pour de la merde. Ça chante, ça se roule par terre, ça fait l'aumône et ça s'écroule, mort de rire.

Dan caresse ce chaton roux qui vend des valda pour la cause de faux manouches crève-la-faim. Une vieille bougresse en doudoune puante le lui arrache des mains. Dépité, il va s'allonger sous la jupe d'Édith Piaf (la statue, porte de Bagnolet). On l'abandonne là. On aimerait bien bouger mais on est trop en descente, on arrive tant bien que mal à traverser la place en passant d'un banc à l'autre. On ne sait pas quoi faire des trois heures qu'il nous reste : Rob veut faire les catacombes, Dan réclame le sacré-coeur, Tom veut s'asseoir quelque part où il fait chaud, et dormir. Insupportable, Rob frappe Dan à l'estomac pour le faire vomir, il se fait enchaîner direct : "You absolute lil' fucking baby-faced wanker!" Les anglais ils sont trop forts pour les insultes à rallonge.
Bat Neck téléphone au coin de la rue. Ce mec est fan de No Age, on dirait un Travis Barker version rosbeef et "Bat Neck" c'est pour la chauve-souris qu'il a tatouée dans le cou. "What's the french for bat?" me demande Dan.
-Chauve-souris.
-Chauffe-sorry?
-Nan, chauve-souris. Littéralement ça veut dire bald mouse."
Esclaffe générale.
"Tu peux m'apprendre une chanson en français?
-Tu veux quoi?
-Chante Jacques Dutronc."
Là j'ai entonné les cactus.

On entre dans une pharmacie pour trouver remède à la gueule de bois de Dan et on improvise un shooting sur les sièges enfant Ikea. On retourne s'asseoir dans le hall de l'hôtel,et on boit de l'eau, beaucoup d'eau. Ils font des plans pour le soir. Tom :
"Moi je veux mon lit et internet.
-Et une branlette ouais."
Dan me reluque en mimant un certain geste masturbatoire, et me voilà perturbée.
Mais l'heure tourne, ils doivent regagner la gare. Avec des étoiles dans les yeux, Bat me raconte qu'hier, il y avait Xavier de Justice dans leur train. Visiblement ça les a retournés. Enfin, je les laisse prendre leur taxi après un gros câlin et rentre chez moi ravie.

Je voulais vous le raconter parce que ça me semblait une aventure assez fun mais depuis le début je suis en mode "mdr je suis bourrée" c'est assez pathétique. Enfin, c'est pas bien grave. Maintenant je sais que les Televised Crimewave sont des mecs cool à l'humour tout pourri qui aiment les chats, les cheeseburgers et mater MTV en gueule de bois.

CANDY#

myspace.com/televisedcrimewaveuk


Je vous conseille ça aussi :
myspace.com/iamasilhouette

20 nov. 2008

DIM DAM DINGUE!


Masturbez vous l'esprit... et vous me direz ... Si l'auriculaire, doit rester en l'air lorsqu'on boit du thé, le soir en société...

Jeudi 13 Novembre, c'était la soirée de lancement de la compilation "complétement made in france" Dim Dam Dingue au 1929. Les Bikini Machine avaient emprunté le néanmoins talentueux clavieriste des Dadds pour nous illustrer en musique cette jolie galette jerk déjantée. Reprises des Sonics, Dutronc et de la dite-compil' boostée par cette tonalité fuzzy et chic qui est propre aux Bikini M.
Le 1929 brillait et braillait sous les claquements de doigts, passements de jambes et bières en l'air pour les DJ's : Barbatrax, Dr Love, Psyché les fidèles compères de Cosmogol, habitués des soirées mensuelles "Petrol Pop".

Depuis des années Cosmogol fouine les dépots-ventes, braderies et autres lieux plus obscurs et tel un archéologue des sixties propose ses pierres de rosette : nous avons d'abord connu les Ulalala, et maintenant voici les Dim Dam Dingue.
Pour vous introduire à la folie "DDD" chaque face de la galette commence par un message radio assez fou du genre un prêtre qui compare les rockers aux anges et le - à devenir myhtique - "à partir d'un certain âge, on commence à se désintéresser du mouvement, du mouvement scout".
Une face "Dingue" et une face "Dim Dam". La première vous expédie en ascenseur pourune galaxie intemporelle : un combat de catch où vous supportez le géant Bolet, une bande de dragueurs du "drug", aux pays des comptines électrifiées vous n'hésitez pas à mettre "cinq balles dans le rouge" comme le chantent Tony Mark et les Markmen...
Tournez le disque et laissez-vous aller avec des paroles sur le thème de l'amour libre et ses nymphettes en robes à fleurettes comme Michèle Mercier et Marie-France Loubet. On n'oubliera pas le London's Bar de Daniel Beretta & (du magnifique) Richard de Bordeaux, que l'on connaît déjà via la compilation Wizz Psychorama édité chez Born Bad Rdcs.

En effet, depuis déjà (!) plus d'une décennie, nos chers gaulois sortent des compilations sur des périodes historiquement déglinguées. En règle générale ce sont les années soixante chantées en français de la Belgique au Québec qui sont compilées. Ces compilations sont certes divertissantes mais elles sont surtout d'une grande utilité pour la sauvegarde de notre patrimoine rock. Dans un autre registre : le rockabilly, white rock... Les "Desperate Rock n'roll" ou les plus connues "Song the Cramps taught us" (édité par les Cramps eux-mêmes) qui épuisent les fonds de tiroirs de labels tel Norton, Sun etc... permettent même de faire de nouveaux adeptes du genre.

Mlle Riposte!

Disponible uniquement en 33t vinyl chez ton disquaire s'il est bien!

De bouger son cul quoi!


Ces vétérans du punk 77 anglais de passage en octobre dernier au Mondo Bizarro nous ont prouvé qu'a plus de cinquante balais, on peut toujours être cool mais qui sont les Uk Subs maintenant?

Charlie Harper : Moi, toi et n'importe qui!

Mademoiselle Riposte : N'importe qui?

C.H : Oui, n'importe qui, car nous n'avons pas de batteur... alors on a dû passer une annonce à la radio pour choper un batteur qui joue du punk rock...

MR : Ah ouais, et UK Subs, ça veut dire quoi en fait?

C.H : Subversif. Le Royaume-Uni Subversif. On veut voir le Royaume Uni s'éclater : pas d'irlandais, pas de gallois, pas d'écossais... ENGLAND! ENGLAND ON THE ZONE! ENGLAND ALONE! FREE ENGLAND! Ahahahahaha!
Mais ça reste une blague! En fait, on voudrait juste que l'Angletterre soit libre du Royaume comme en ont eu le droit les écossais et les irlandais.

Sérieux?

Ce discours est typiquement issu la première vague punk, c'est purement ironique, tu vois?

M.R : Ok, tiens ça me fait penser que dans le film "This is England", ils ont mis votre chanson "Warhead" dans la bande originale, t'en penses quoi?

C.H : Je ne l'ai pas vu mais je sais juste que c'est à propos des skinheads. Je pense qu'une partie de leur musique, de leur fringues et tout ça... mais après il y a une autre partie qui est fasciste et j'aime pas ça... Mais musicalement, il y a des groupes que j'adore : Business, Copy Rejects,...
Pour revenir au film, j'ai vu l'extrait, c'est quand ils prennent la voiture, c'est ça? C'est cool mais je serais beaucoup plus content s'ils m'avaient payé. Les producteurs ont dit qu'ils donneraient un peu de sous mais bon j'attends toujours.

M.R : C'est dégueulasse ça! Mais tiens tu faisais quoi quand le punk à débarqué à Londres?

C.H : Je jouais dans des groupes de Rn'B typés West Coast et on faisait que des reprises de groupes comme les Sonics, "Sooome folk like wateeer... tatatadadada..." Strychnine... En fait pour le punk c'était déjà ça... et on jouait ça...

M.R : Et que penses tu des groupes plus commerciaux comme les Pistols ou les Clash?

C.H : J'adore les Clash. Mais tu vois, tout s'est passé si vite pour eux. Une minute, c'était un groupe local perdu parmi les cent autres groupes punk à voir. La minute suivante, ils étaient à la télé parmi la grosse soupe pop. Mais nous aussi, soudainement on a fait un disque et on pouvait le trouver dans les boutiques, c'était assez dingue, tu vois!

M.R : Je me demandais quelles sont les différences entre la scène punk new-yorkaise et londonienne, ce serait quoi selon toi?

C.H : Oh! C'est une bonne question! On ne me l'avait jamais posée, c'est pas mal...
Je dois admettre que puisque je ne suis pas en Angleterre et donc en France, je suis en sécurité et je peux dire que vraiment j'adore la scène new-yorkaise. J'aime les Ramones! J'aime Television! J'aime Blondie! J'aime vraiment tout de la scène new-yorkaise et même la première scène underground avec Iggy Pop, New York Dolls, tous ces groupes... Pour moi, c'était des idoles et je voulais jouer comme eux. J'aime vraiment la scène New-Yorkaise. Les dix premières années étaient vraiment terribles! Mais après au CBGB's, ça a commencé à craindre, pas mal se faisaient piquer du matos tout le temps. Il y avait toujours des petits voleurs. De 1976 à 1980-83, c'était cool mis après ça a été le merdier!

M.R : Mais pourquoi les punks anglais n'aimaient pas les américains?

C.H - Oh beaucoup étaient ainsi... car lorsque les américains venaient jouer en Angleterre, ils débarquaient en avion, et leurs maisons de disques et managers faisaient d'eux des pop stars à la conquête de l'Europe... Ce n'est pas du tout D.I.Y (Do It Yourself) et c'est donc pourquoi les anglais les détestaient. C'étaient plus des businessmen que des musiciens. Pour moi, la musique c'est tout et j'en ai rien à faire de ce merdier.

M.R : Et le mot punk veut dire quoi désormais?

C.H : J'adore l'aspect Do It Yourself et on a toujours essayé d'être ainsi : un groupe D.I.Y. Beaucoup de gens venaient et nous disaient "je voudrais te manager" mais on savait que c'était une erreur et que ça c'était pour les Mickey Mouse. On s'est toujours débrouillés avec des potes qui jouaient dans d'autres groupes étrangers pour tourner au Canada, aux États-Unis. On n'aura jamais besoin d'un manager... On a de la chance pour ça!

M.R : Et t'as un truc à dire pour terminer l'interview?

- J'aimerai dire aux gens de s'attacher à leur style de vie alternatif, et de ne pas être éffrayé de s'impliquer : faire quelque chose, prendre des photos, faire des fringues, chanter, écrire... Il faut que les gens s'impliquent pour quelque chose, pour un mouvement comme le punk rock par exemple... De bouger son cul quoi!

Mlle Riposte!

18 nov. 2008

Un dimanche soir à Paris...


Dimanche 16 novembre, dernière soirée des Inrocks à la Cigale.
La salle est bondée. Itgirls noyées dans leurs manteaux de fourrure, slimeux commençant seulement à reprendre du poids, anglaises obèses couinant comme des chiots surexcités. Sans oublier les gens du "milieu" qui se sont sapés "casual" parce qu'on est dimanche soir et qu'il ne faut pas trop en faire.
Lever de rideau sur les Australiens Cut Copy. 'Lights and music are on my mind, be my baby one more time'. Relents britneyspearsiens. Les jeux de lumière s'accélèrent. Il est environ 18h30, et on croirait qu'il est 3h. Jet-Lag magique qui nous met en transe. Un moment dépouillé de toute temporalité nous absorbe dans une démentielle musicalité.
Entracte. Tout le monde ne parle que du spectacle euphorisant auquel on vient d'assister. Flopée de bières. File d'attente interminable aux toilettes. Mattage mattage mattage. T'as repéré un people toi? C'est pas Julien Doré là-bas? Si si je t'assure c'est Gaspard de Justice! On parle nouveaux magazines, organisateurs, concert des Sheraff au Zenith, un soupçon de crise économique et les lumières s'éteignent de nouveau.
Place à Kennedy, qui avait lamentablement échoué à faire monter la mayonnaise à l'Ubu, à Rennes. Rien de changé. Ah si, trois choristes qui n'en sont pas vraiment, et une batterie qui peine à combler le vide musical des chansons. Kennedy a vraiment des paroles marrantes, et un sens inné de la pop. Mais en concert... non, ça le fait vraiment pas.
Nouvel entracte. On se demande quel groupe va jouer après. Re-mattage, re-flopée de bières. Re-c'est Julien Doré ou pas? Juste le temps pour quelques remarques typiquement féminines (il est mignon le chanteur des Cut Copy, hein?!) avant le 3e lever de rideau de la soirée.
Les Late Of The Pier jouent avec la discontinuité, le rythme, les claviers pour produire une musique si libre qu'on la croirait improvisée. Alternance de sonorités discordantes et mélodieuses. Late Of The Pier jouent avec les oxymores, et ont la bonne idée de conclure leur superbe prestation par Bathroom Gurgle; une chanson qui a le don de réinventer la musique (oui oui rien que ça).
C'est reparti pour un tour: baisser de rideau. Flopée de bières. Toilettes. C'est Julien Doré oui ou merde?
Les amoureux se tassent dans les fauteuils rouges de théâtre, emmitouflés dans leurs manteaux malgré la chaleur étouffante qui reigne dans la salle. Les itgirls sont pompettes et à l'affût des mecs. Les slimeux se terrent dans les toilettes.
Les lumières s'éteignent. Les Metronomy débarquent. Dûr dûr de passer après Late Of The Pier. Les trois extraterestres ont pourtant sorti leurs éternels t-shirts noirs ornés d'un rond lumineux. Un petit My Heart Rate Rapid et c'est ok, on est reparti.
Re-re-re-re-baisser de rideau. Je sais pas si c'est Julien Doré, mais c'est Gaspard de Justice- il est comment leur dvd d'ailleurs? On trouve cette soirée irréelle: des bières, des talons, de la fourrure, des concerts, un théâtre... ça change du film sur TF1.
Lever de rideau: dernier concert. Le parterre est tellement bondé qu'on ne peut même pas y mettre un pied. Direction le balcon du premier. Troisième rang, on ne voit strictement rien. Des nanas avec des badges ultra-Vip autour du cou dansent à perdre haleine. Le public parisien ne s'est certainement jamais autant amusé que ce soir. Il sue, il rigole, il se lâche, yeah let's dance men, semble crier la foule en délire.
La soirée se termine. Il est 23h, on est dimanche soir, les gens sont ivres (de bonheur). Chacun rentre chez soi- sauf les ultra-ultra-infatigables, qui, même un dimanche soir, se précipitent chez Moune.
Ce qu'il faudrait retenir de cette soirée? 'Lights and music are on my mind'...

RollK!

5 nov. 2008

"Tu l'as eu où ton t-shirt Cramps?"



Je suis conquise d’emblée donc je vais m’efforcer de garder le peu de sens commun qui me reste pour m’exprimer le plus objectivement possible sur un groupe que, sincèrement, j’aime bien. Mon esprit est légèrement perverti parce que je les ai vus de près, les Second Sex, et que ce sont vraiment de gentils garçons avec tout ce qu’il faut : des jolies gueules, des jolies sapes et un bon délire bien glauque quoiqu'un peu qué-blo dans le cliché rock-sexe-mort.
Ils ont toujours été mes préférés, dans la bande à Gustave : à même pas 15 ans ils avaient cette spontanéité et cette hargne punk assez uniques parce que visiblement sincères et innocentes.
Et c’est avec un enthousiasme non dissimulé que j’entre dans le vif du sujet : leur premier album, Petite Mort. Il arrive tard, certes, mais ils ont bien fait d’attendre et pondre un truc vraiment classe, plutôt que suivre les Naast et consorts dans la tombe avec leurs avortons d’albums de soumis.
Petite Mort s’inscrit dans une veine garage pas dégueu bien au-delà des minauderies gnan-gnan des BB Brunes, par exemple (je compare pas, mais les trois quarts d'entre vous font inévitablement le rapprochement, alors que nous avons en France des références bien plus honorables : Neïmo, Molly's, et j'en passe.)
Le disque s'ouvre sur un hurlement qui annonce l'ambiance générale : esprits tordus, paranoïa, vampirisation, torture mentale, frustration sexuelle, instinct de mort et diables au corps.
D'entrée de jeu ils te calent dans un train fantôme lancé à toute berzingue et enchaînent les morceaux avec une urgence de névrosés. Des putes en loques tapinent dans un cimetière, Iggy Pop enfonce ses canines dans ta chair et le fantôme de Nosferatu en veut à ta petite culotte. J'ai trouvé aussi taré que moi : en proie à une angoisse non contenue, Tim clame ses obsessions morbides et des fois ça me rappelle mes épisodes de paralysie du sommeil : des sortes d'orgasmes étranges, où tu subis les attaques à répétition d'un truc invisible, fruit de ton inconscient ultra-perturbé.
Pour ma part, j'accroche carrément sur les morceaux en anglais, au vocabulaire pas si limité pour ces frenchies à l'accent adorable. "We Lost Control" et "Baby Doo" possèdent une puissance toute scandinave et le producteur (Pelle Gunnerfeldt, celui des Hives) y est clairement pour quelque chose. "Stay" me fait craquer, avec un coup de foudre pour le très Libertines "Heart Attack". Il y a du Stooges dans les guitares de "J'ai couché avec le Diable" qu'on dirait inspiré du "Fucked by the Devil" de Wayne County. Tim se tord, trépide, convulse sur "Mon Autre Côté" et se répand en "oh", "ahh", "mmhh" évocateurs.
Romantique, enragé, teigneux et possédé, Petite Mort surprend par son efficacité punk et nous prouve qu'il y a une vie après les rock'n roll fridays. S'il fallait noter ce concentré de fureur juvénile j'y mettrais un 8 bien sonné. Et ce n’est pas mon vagin qui parle même s'ils sont über cute, ces garçons.

CANDY#


Petite Mort @ Because Music.

myspace.com/secondsex

Agenda : Novembre ici ou là

Ramène ton boule, gros.
Comment ça tu sais pas où c'est? Quoi? si c'est gratuit?
Attends il y a un nouveau truc c'est super ça s'appelle Google je crois.

5 nov : Pnau/ Blamma! Blamma! @ Ubu, Rennes
6 nov : Le Rade/Vice @ le Lutetia, Paris
6 nov : The Fuzztones @ La Mécanique Ondulatoire, Paris
6 nov : Soirée Transmusicales @ Social Club, Paris
6 nov : The Datsuns @ La Maroquinerie
7 nov : Les Shades + Revolver + Dj Mlle Riposte! @ Ubu, Rennes
7 nov : Entrisme Magazine Vs This Is Pop @ Le Sans-Souci, Paris
7 nov : Soirée AC/DC @ La Flèche d'Or, Paris
7 nov : Hushpuppies + Koko Von Napoo @ La Maroquinerie
8 nov : Hushpuppies + Kid Bombardos @ La Maroquinerie, Paris
11 nov : Yo!Majesty! + Krazy Baldhead @ Ubu, Rennes
14 nov : Televised Crimewave + Paris Suit Yourself @ La Flèche d'Or
14 nov : Dead Sexy Inc + Toxic Sonic @ Mondo Bizarro
14 nov : Get Well Soon + Elephant @ Ubu, Rennes
14 nov : The Dodos + The Ruby Suns @ Point FMR, Paris
15 nov : Hatcham Social / Kabeedies / Stricken City + Foals / Little Boots Dj Set @ Flèche d'Or
20 nov : This Is Pop + Russian Roulettes @ Truskel
21 nov
: Texas Terry Bomb @ La Mécanique Ondulatoire, Paris
21 nov : Kap Bambino + Mon Colonel @ Social Club
22 nov : Ra Ra Riot + Rock&Roll @ Flèche d'Or
25 nov : Blood Red Shoes + Dj Orville Brody @ Ubu, Rennes
26 nov : The Popopopops + Depth Affect + Alex Grenier @ Ubu
27 nov : Telepathe + Chairlift + Sourya @ Flèche d'Or
28 nov : Nokia Trends Lab @ Showcase
28 nov : The Vibrators @ La Mécanique Ondulatoire, Paris
29 nov : Adam Kesher + Laviolette @ Flèche d'Or

4 nov. 2008

OBAMAMAMAMIA! Président?


Parce que c'est trop beau d'y croire. Parce qu'on est tous cons et qu'on a toujours cru que le melting pot américain, ça pouvait fonctionner. Un peu comme nous aussi nous avons eu notre pseudo "black, blanc, beur" de 1998 pour la coupe du monde de foot...
Obama fait croire à tout ça. Obama, c'est le genre de mec qui laisserait croire à une réconciliation éternelle des Sharks et des Jets dans West Side Story.

Obama c'est un peu Arnold et Willy président, c'est trop beau pour être vrai...

Obama fait oublier que l'américain de base est un jacky.

Le ricain de base vit au Texas (ou pire...), il est blanc, à un nom de marque de frites surgelé. Il parle mal à cause de ses chicos car la sécu, il connaît pas. Il porte des tiags, kiffe les chevaux (moteurs ou pas) et adore la country music.

Il a au moins un ancêtre qui

1 a fait la guerre de sécession,
2 a connu la crise de 1929,
3 a fait le débarquement en Normandie,

Mais surtout ce même ancêtre avait :

1 un champ de coton avec option "esclaves",
2 connu les bus et lieux publics avec coin "white" et coin "colors"
3 tué un "négro" parce qu'il n'avait rien à faire devant sa maison

Bien sur, tout les ricains ne sont pas ainsi mais moi je dis : c'est trop beau qu'Obama devienne président. Sachant que le premier amendement dit que la loi est de porter un flingue...
Remember J.F.K/

Mlle Riposte!

Et c'est parti mon Jacky!


Electroni[k] Ubu Side. a

- Open Close / Les interplateaux / Riton et Danger / les branchouilles

Déjà, l'electro ce n'est pas mon fort mais j'ai choisi en me rendant à Electroni[k] de voir si "yavait moyen ke je kiffe...". Mes oreilles sont plutôt habituées à la musique gominée, même si à l'occasion le son numérique ne leur déplaisent pas.. Mon corps à besoin de beaucoup d'alcool pour que celles ci tolèrent ce dernier.

Trois whiskies plus tard... 23H arrivée à l'Ubu, des étudiants bourrés scotchent sur Close-Open, j'aime bien la scénographie : à l'écran gros plan sur la table de mixage, un tour de pouce sur le potar et on voit l'effet apparaitre à l'oreille... oui cela m'amuse... J'aime bien le son Close-Open, cet artiste rennais qui fait d'habitude dans le graphisme propret et tendance propose un set sombre et éclatant de nouveauté...
"izhiqfmkzhmqfmoqzhfmo " Fin du set, c'est l'interplateau, ça balance du boom boom et là le public se met à danser... c'est con pour les artistes...

Mais après, je commence à me faire chier... Je ne pense plus qu'à rentrer chez moi écouter Herbie Duncan... Je me force, je me pose dans un coin un verre à la main, j'essaye de rentrer dans le délire Riton ou Danger. C'est l'effet d'un bouquin de philo que tu as beau te forcer à lire mais toujours au bout de trois lignes tu t'évades dans tes pensées... Les beats ont beau me taper sur le crâne mais je n'y arrive pas, même mon orteil ne bouge pas...

Je regarde la foule et là je sombre dans le dégout : la jeunesse dorée qui porte des chapkas, des casquettes de hardcore, des franges de squaw, des vestes de ski de la classe de neige 1983, bref tous les teckels coiffés sont là! Ambiance la crise écono...quoi? Non ils connaissent pas ça, eux c'est plutôt des consuméristes. Des petits cons arrogant prêts à mordre, qui puent le fric de papa, des branleurs qui te crachent à la gueule en un regard... Des gens qui, si le christian core était à la mode, ils s'y mettraient... bref je finis la soirée dans le gnagnagnagna, ça me soule, je me met à rêver des années cinquantes, des courses de bagnoles et je me tire... À demain bande de cons!

Electroni[k] Ubu Side. b

La bonne humeur artificielle se diffuse dans les veines du public pendant que Zombie Disco Squad fait du boom boom... la discomobile de tonton Jacky est bien loin, les sonorités sont soft, et les déhanchés se veulent classieux... Je vois les ZOMBIES mais elle est où la disco...? Pendant Discodeïne et Bot'ox qui seraient les découvertes du moment, les gros culs en mini short tentent d'entrer en scène avec des effets de laser qui te foutent la gerbe. Mais je me sens moins larguée que la veille, les lignes de basses peuvent être plaisantes parfois, et les mélodies m'emporter autant qu'un morceau instrumental... Enfin bon... Il est déjà 5 heures, les clubbers ont le teint ciré, ils font peur et il est déjà temps d'aller remettre leur trekking et casquette hip hop au placard. C'est sûr, pendant un an encore ils parleront de leur défonce mémorable au festival Electroni[k]... mais en attendant "take my hand to the end of the night".

Mlle Riposte!

3 nov. 2008

VOUS AVEZ RATÉ UN TRUC



Ouais, j'en ai déjà parlé de ces deux-là. Mais chez nous, quand on parle d'un groupe, on va aussi le voir en live, et même on vous raconte comment c'était pour bien vous foutre les boules.
Au risque de passer pour une novice hyper impressionnable, je crois bien que c'était un des meilleurs concerts que j'ai vus. De ma vie. C'est peut-être parce que j'étais pas bourrée, que j'ai réussi à y trainer ma soeur, qu'il y avait des mecs mignons dans la salle -dont ma target du moment- mais vraiment, ce concert, c'était de la pure coolitude. Je te jure que quand tu vois ça, t'as vraiment envie de prendre une guitare, de te mettre minable et d'aller brailler dans un micro. Et puis, tant qu'on y est, te greffer deux bras et une batterie au bout pour faire un tintamarre de tous les diables avec ton meilleur pote, celui qui porte des chemises de bûcheron. J'ai déjà dit que leur album Nouns était très bon mais en live c'est juste une tuerie.
Et que dire des boucles hypnotiques du White Circle Crime Club qui assurait la première partie? Allez pan, encore une claque : un bouillonnement noise puissant, piqué d'ascensions psychédéliques. J'ignorais qu'ils étaient belges, j'ai cru pendant longtemps qu'ils avaient fait leurs armes dans cette marmite à groupes déments qu'est The Smell, à L.A. En même temps, avec un dernier morceau pour Obama, ça prête à confusion. Mais en ce moment le monde entier se sent l'âme d'un fermier de l'Ohio alors...
Trêve d'allusions politiques, on retient surtout que les WCCC reviennent au Bataclan le 1er Décembre avec TV On The Radio (waahhh...), mais pour revoir No Age, il va falloir attendre un peu.

CANDY#

myspace.com/nonoage
myspace.com/whitecirclecrimeclub

31 oct. 2008

ALAIN KAN - LA VIE EN MARS


Blanche-Neige fait des photos nues,
Mickey Mouse est un vieux cochon,

EDITO

Octobre 2008, Octobre Noir?

Le matin, je me lève et la radio beugle l'effondrement de l'économie, j'ai peur... Pendant ce temps, la jeune tranche claque sa thune et son énergie dans des phénomènes de mode à contrat renouvelable de 6 mois... le rock, le fluo, la folk, le flop!
Il est désormais dur d'installer - culturellement parlant - quelque chose de durable puisque comme on vide son frigo, on se remplit le cerveau...
Alors je préfère mettre cette rentrée sous le signe du "rien-à-branler!" Faites ce qu'il vous plaît, oubliez les choses "in", devenez "out". Dites adieu aux exaltations débiles sur des phénomènes périodiques stériles... Devenez vous! Sortez de votre coté poseur-mondain-myspace et bougez vos culs de vos canapés pour aller aux concerts... Faites vivre votre scène!

Mlle Riposte!

Une p'tite bière?


Les nuits de la pleine lune à Berlin, la foule bigarrée et extravagante court les bals électriques en cogitant son speed. En provenance d'un sous-sol, la voix cold de Randy Twigg sème stupeur et déhanchements...

C'est un duo comme on en voit beaucoup en ces temps. La fille au chant et le mec aux instrus. Il y a Kap Bambino, Ben et Bene, Ting Tings. Un classique. Sauf que ce coup-ci la nana est plutôt une garçonne statique sur explosions d'analogiques froids et fuzzy et gratte de temps à autre une guitare cra-cra.

La démo - sans doute maison - est assez dégueu. Boite-à-rythme mini, instru un peu saturée et voix isolée dans un bocal à poisson rouge. Mais il y a un putain de truc qui se dégage, surtout quand on écoute le morceau "Birdy". Il y a de l'extrait d'électro-punk dedans comme chez Sigue Sigue Sputnik ou Les Liaisons Dangeureuses...

Je ne garantis pas non que ce machin là va révolutionner la musique, mais cette Randy Twigg, elle a un truc, elle balance une atmosphère direct, elle a une présence qui pourrait faire d'elle l'héroine berlinoise de cette fin de décennie zéro.


Mlle Riposte!

CALIFORNIA ÜBER ALLES


Après m’être fait pourrir toute la matinée j’avais besoin d’un remontant. À ma pause déjeuner, j’ai tracé au Virgin Barbès. Situation géographique oblige, le rayon rock est assez minable mais quand même, entre Nine Inch Nails et Oasis j’ai trouvé de quoi me péter les tympans pour les trois prochaines semaines : NO AGE.
C’est un duo issu de la scène noise de Los Angeles, véritable fourmilière de concerts all-ages et de groupes underground qui a vu s’imposer un bataillon d’excités comme Health, Mika Miko et autres hyperactifs chevronnés.
Colporteurs inspirés du DIY, No Age font simplement la musique qu’ils ont envie d’entendre. sans même s'encombrer d'un bassiste. C’est noise dans le fond, punk dans l’esprit, avec des moments pop et grungy. L’album Nouns est formidable, t’as envie de choper le premier vol pour LA. et aller te droguer avec des ados en t-shirt crade. Je ne vais pas me confondre en termes techniques pour la bonne raison que je n’y connais rien. En revanche je peux vous dire que je n’ai pas autant kiffé un son que depuis le jour où Riposte m’a fait écouter Sonic Youth.



---> Au jeu des questions faciles, mon nouveau groupe préféré ne s’est pas fatigué :

Sex is "GAY"
Drugs are "LAME"
Rock can "HURT."

CANDY#

Album Nouns chez SupPop.

No Age LIVE @ Point Éphémère le 1er novembre 08, Paris.

myspace.com/nonoage

LadyHawke est à l’origine un film fantastique US au scénario farfelu transpirant la love story. Mais c’est aussi le nom de scène de Pip Browne, une néo-zélandaise de 26 ans qui puise une grande partie de son inspiration dans les années 80.
Donc, lorsqu’on tape « LadyHawke » sur Youtube, on a la chance de découvrir non seulement le clip ‘Paris is burning’ mais également celui de la BO du film LadyHawke, dans lequel nous est dévoilé l’amour de Philippe Gaston et Isabeau d’Anjou (alias Matthew Broderick et Michelle Pfeiffer) rendu impossible par leur transformation-malédiction respectives- le premier devient loup à la nuit tombée, tandis que la seconde est faucon la journée (très pratique pour se rencontrer). Pip Browne semble avoir repris ce thème de la transformation au travers de ses clips. Dans l’un, on la voit marcher dans des ruelles, à la fois agressive, désespérée et carrément irréelle. Dans l’autre, on la voit se réveiller en sursaut, entendre des bruits de pas, et finir par danser au milieu de monstres grandguignolesques. Dans un troisième, elle convoque toutes les clés de l’esthétique 80’s- voie lactée en arrière fond, lumière brumeuse, visage auréolé d’une blondeur à la Debbie Harry- pour nous concocter un clip évanescent. Plus que ses clips, ce sont ses refrains qui nous font tourner la tête, et que l’on se surprend à fredonner toute la journée.
Une question reste tout de même en suspens : Pip Browne a-t-elle pris pour pseudo ‘LadyHawke’ en référence à un profond désir de devenir la femme-faucon de l’homme-loup Matthew Broderick qui n’avait pas son pareil pour faire battre son petit cœur ?
Réponse le 09 octobre au Point FMR (Paris), où LadyHawke donne un concert.

ROLLK

Dis Papa... pourquoi tu portes une PERRUQUE ... ?!!




En réaction aux noms de groupes en THE, Etienne, Olivier et David ont choisi de jouer le côté "tocard" face à leur copains garageux en s'appelant CHEVEU... Ils cherchaient à jouer dans des villes avec des noms d'animaux comme Lyon,... et c'est à Rennes, où le 20 septembre dernier ils ouvraient le bal électrique de rentrée de l'Ubu.

Mais qui êtes vous?

Etienne : Moi c'est Gérard... euh non Étienne... On vient de Bordeaux et on s'est formé à Paris.
Olivier : C'était il y a cinq ans, c'était l'été. On a branché un clavier Casio qu'un mec nous avait filé. On l'a branché sur un clavier et on a mis la satu à fond, cela nous a plu et je pense que c'est la base du groupe. Et ensuite on a tous greffé autour.
David : Cela fait cinq ans qu'on a fait ça mais ça fait vraiment deux ans qu'on tourne.

Au niveau de la configuration du groupe, elle est assez atypique en ce qui concerne sa carte technique?

E : Je ne suis pas trop atypique car je fais de la guitare comme un vulgaire guitariste.
O : Moi c'est boite à rythmes et vieux claviers Casio, et boite à rythmes un peu pourries, un peu jouet limite.
D : Moi j'ai plusieurs micros en fait, et ils passent par des machines qui font des échos, des nappes, qui donnent de la profondeur, des trucs comme ça.
E : Ceci qui à été si bien dit dans quelques coupures de presse : on ferait un peu partie de l'amicale des vides-greniers. (tout le monde se marre)

M.R : J'imagine que vous fréquentez un peu la scène D.I.Y?

E : En fait, on faisait un peu notre truc dans notre coin et ce qui nous as - en quelque sorte - permis de sortir de l'endroit où on faisait du bordel, c'était une connection avec plein de groupes à Strasbourg, et qui étaient dans le même état d'esprit que nous, c'est à dire faire de la musique avec des trucs récupérés à droite et à gauche. Un truc un peu brut, tu vois... et ça nous a plu...
O : L'art brut... Ouais, ouais... Ha ha! C'est un peu retombé maintenant mais c'était une classe scène...
E : Des groupes comme Crack und Ultra Eczema (no wave) qui ne joue plus maintenant et les Normals...
D : Olivier avait monté un petit label qui s'appellait "Tes Fesses Rdcs" qui a sortit deux groupes Cradle of Smurf (electro) et Crack (ortho à verifier).

M.R Et vous touchez à ce qui est un peu circuit-bending, vos synthés vous les trafiquez?

O : Pas du tout, on va plutôt chercher à trouver des synthés qui conviennent bien...
E : Quitte à avoir du stock... On n'est pas trop bricoleurs, on est plus récup'. On aime bien se servir d'un truc tout de suite.
D : Ce qui est marrant, c'est d'exploiter, de construire avec les sons qui sont donnés, tu vois, ça pète pas énorme, t'appuie dessus, t'es pas énormément convaincu... Donc tu vas le booster un peu mais sans trifouiller électriquement pour faire des trucs trop bizarres.

M.R : Donc, quand vous trouvez un synthé, vous cherchez essentiellement une matière brute...?

D : Oui, au pire, on va mettre des effets, un peu derrière mais sans plus.
E : Disons, on n'est pas hyper fan des boites-à-rythmes hyper sèches, analogiques, même qu'on déteste un peu ça. On aime bien la rondeur, donc on peut aller la chercher effectivement dans la saturation en déformant le son.
D : On se méfie un peu du penchant electro-clash avec des trucs qui pètent à fond, des grosses boites-à-rythmes disco qui te prennent toute une sono où sont posé dessus des trucs trop propres.
O : Le genre de truc qui manque un peu d'âme...


M.R. Qui sont vos idoles des mecs modernes ou des vieux réacs?

D : (à l'intention d'E) Lui c'est le vieux réac, le mec de droite (rire général)...
E : Quand on a commencé le groupe, on n' vraiment aucune références et au fur et à mesure des concerts des gens disaient que ça sonnait comme ci ou comme ça... Et qu'on connaissait pas...

M.R Et donc ça sonnerait comme qui?

O : Hum... Jonathan Richman ou Suicide.
E : Ou comme ce groupe français qui chantait "Crève Salope" : Métal Urbain. On n'est pas même pas convaincu car on pense pas sonner comme ça mais bon...
D : Le gros élément de comparaison, c'est que les gens se focalisent sur la boite-à-rythmes et cherchent dans les groupes à boite-à-rythmes...
O : Dans les influences, il y a des mecs qu'on aime bien comme The Rebels, Country Teaser (?).... Il y a aussi un groupe de Seattle qui s'appelle Intelligence...
Le groupe c'est un peu la rencontre de trois univers musicaux, bien bien distincts...


M.R : Genre vous avez fait votre crise d'ado sur quel disques?

E : Beastie Boys et Stones. Les Cure... tiens, il y a des boite-à-rythmes super là dedans...dans Pornography... (rires)
O : Metallica et Pantera, j'aimais bien.
D : j'écoutais pas énorme de zic mais familièrement les trucs bizarre comme Laurie Anderson... Gros fan d'AC/DC... tu vois le genre de mix, de références chelou quoi!


M.R : Dans quelle scène pensez-vous, vous inscrire?

O : Au niveau d'une scène, on ne serait pas trop "français", on serait même plutôt "ricain"... On a un peu tourné là-bas aux États-Unis et nos potes sont plus là-bas... ça va aller de trucs bizarre, comme des mecs de Colombus genre Pink Reason, Intelligence,...
E : Effectivement on n'avait pas trop de "famille" musicale ici mais il est vrai qu'on a pu sortir une 45 tour et faire une tournée là-bas... et on y a rencontré des gens qui avaient le même état d'esprit que nous, de faire un truc spontané avec du bricolage... et notre "famille" c'est plutôt ça... On l'a construite! (rires)
D : A la base, nos "papas" c'est plus les mecs du garage comme à Paris, on jouait avec ce genre de groupe : Magnetix, Crash Normal, Frustration,...

M.R : Sinon au niveau des conditions d'enregistrements, on peut penser que les prises de sons doivent être multiples... c'est de la superposition...?

O : Oui c'est de la superposition de trucs, en gros la plupart de nos morceaux sur le disque sont issus de répètes où on s'enregistre par bout et puis après c'est du collage de séquences... Les tentatives de studio, c'était pas trop ça...
E : Notre label Born Bad nous ont offert la possibilité d'enregistrer en studio et on était tout content en se disant qu'on aurait un putain d'énorme son... et en fait, non! C'est horrible, non?

M.R : C'est donc mieux à la maison?

E : Oui on est super à l'aise, et c'est Olivier qui fait le mix...
O : Ouais, c'est fait dans la cuisine...
E : C'est un peu dans la continuité du principe du groupe...
O : On sait pas si c'est viable à long terme mais c'est comme ça que l'on a fait le premier set.

M.R : Et en cette fin de décennie, vous vous sentez comment en tant que musicien, spectateur, actif de la scène des musiques amplifiées?

E : À Paris, il y a dix ans, les gars qu'on fréquentent avaient une cave et y faisaient des concerts. Maintenant, avec l'éclosion du rock, il y a des salles partout, tu peux jouer facilement à droite, à gauche. Je trouve qu'il y a pas mal de groupes, on a fait pas mal de rencontre...
O : On va dire que c'est pas trop l'heure de faire du Rap en ce moment...
E : Il y a un truc de mode...
O : ... qui perdure un peu. On s'est sentit porté par ce truc puisque c'était facile pour les groupes de jouer... Médiatiquement, on n'est pas des références mais les gens s'intéressent au truc, tu vas voir dans Elle, dans la rubrique de la semaine pour les meufs comment s'habiller "rock n'roll", c'est vraiment un truc global... un truc de société en gros... donc c'est facile...

M.R : Mais ça vous fait pas chier toute cette médiation à tort et à raison du rock n'roll?

O : Si ça nous permet de manger... (rires...)
E : De tout façon, le rock n'roll en lui même c'est un truc commercial, à la base c'est le Rythm n' blues joué par les black et puis les gens s'y sont mis... et ils ont même vendu du pepsi avec...
D : Dans notre logique, on trouve ça assez marrant de ne pas jouer que dans des caves et de pouvoir jouer dans des salles aussi. Avec la musique qu'on fait, on est parfois étonné - faut pas dire ça commercialement parlant - de voir qu'on peut faire un truc à la fois atypique et à la fois complètement n'importe quoi devant 400 personnes, c'est quand même une chance. Généralement les musiques borderline comme nous sont plutôt de l'autre coté de la ligne, à jamais pouvoir jouer à l'Ubu par exemple. Il y a des avantages et inconvénients de pouvoir rentrer dans un circuit plus normal, je trouve ça génial d'offrir une musique à des gens qui ne s'y attendent même pas et qui le prennent un peu dans la gueule.. La première fois qu'ils te voient, ils restent tous scotchés, t'as l'impression que ça ne leur a pas plu... En fait ils sont touchés, il suffit d'amorcer le truc...


Mlle Riposte!

SALE MORVEUX!


Les Black lips, avaient joués la veille au Havre. Ils avaient la gueule de bois. Endormis, bière à la main, mais le regard à l'affût des mini-jupes qui défilaient dans le coin, et surtout peu bavards à l'entrevue. Bien fidèles à leur image d'ados attardés.

Mlle Riposte! : L'album titré "Good Bad, Not Evil" est une référence au hit "Great big kiss" chanté jadis par les Shangris Las, pourquoi ce clin d'oeil aux sixties?

Black Lips : - On écoute pas mal de ces trucs des années 50, 60... Et nous avons grandi marqués par ces girl groups. Nos premières références sont le blues, la country, c'est la tradition aux États-Unis : 13th Floor Elavators, The Flocons...
- Le Gospel aussi... trop de noms à dire...

M.R : On entend dire de vous que avez créé un nouveau délire, le "flower punk". Musicalement ça se traduit comment?

B.L : - C'est comme le punk rock gay, du solide rock n'roll!
- Oh! Du solide mais pas comme les "macho men"...
M.R : Mais pourtant tu portes une moustache de "macho man"?
B.L : - Ouais, mais je fais des disques plus sauvages qu'eux...

M.R : Et vous avez commencé comment, en fait?
B.L : - On allait à l'école ensemble, et on n'avait rien à faire d'autre alors on a commencé à jouer ensemble. Et on voulait choper des filles. Les plus vieux nous filaient des drogues, ce qui nous allumait pas mal...

M.R : - Et quand à cette chanson "O katrina" qui serai une parodie de la manière de jouer des Beatles?
B.L : - Oh yeah, yeah! On chie sur les Beatles!
M.R : Tiens, en parlant de chier... votre réputation est de pisser, vomir bref de faire les porcs sur scène, c'est juste du cliché rock ou quoi?
B.L : - Bah le truc, c'est que j'ai des problèmes d'estomac, alors dès fois j'ai des renvois donc je me gène pas...
- Mais bon, maintenant, on est plus calme, on est devenu des mecs biens et on se contente juste de jouer sur scène.
- Les clichés sont faciles, mais ils sont si vrais.

M.R : Donc vous prenez des drogues et vous baisez des groupies après les concerts?
B.L : - Yeah! Mais aussi dès fois, on se contente de boire et de conduire... (grands éclats de rires)

M.R : Et pour ce soir?
B.L : - Du sexe, de la défonce et du rock n'roooll!

M.R : - Ok, merci les gars, on verra bien...

Oui ils étaient efficaces , la foule haletante a même envahi la scène en beuglant sur "Bad Kids" et pété les pédales et les jacks. Le show s'est fini désaccordé, puis le groupe à squatté chez des spectateurs de chez qui ils se sont barrés en chourrant le Jack Danny. Et même qu'ils ont eu leurs pouffes à la fin!
Comme le disent les kids : "TROP COOL!"

Mlle Riposte!

The Story of Michka : Pale blue eyes


Michka s’est embarqué sur le TGV musical le plus rapide du monde. Arrêt Volume, arrêt festival des Inrocks, arrêt Technikart, arrêt Flèche d’Or, arrêt Ubu, arrêt les Trans… A peine est-il descendu à un arrêt qu’il doit remonter dans le train. Il n’a pas le temps de s’attacher aux gares, de rencontrer de nouvelles personnes, il a payé son billet, il ne peut plus faire marche arrière. Pourtant, qu’est ce qu’il ne donnerait pas pour arrêter la machine, pour que le train desserve pour une fois une bourgade perdue dans la rase campagne.
Tiens, voilà l’arrêt Boy Crisis. Mais où se trouve l’arrêt Dead Kids ? Il s’entend répondre par le contrôleur que l’arrêt Dead Kids n’est plus très bien entretenu, et donc qu’il n’y a que très peu de trains à prendre la peine de le desservir. Et oui, le paysage (musical) change à une vitesse affolante.
Un jour, Michka a pris le temps de passer une soirée à l’arrêt Flèche d’Or. Il y a rencontré une jeune fille qui ressemblait un peu à une poupée cassée. La petite Barbie avait de grands yeux bleus, et semblait connaître pas mal de trucs sur le TGV musical. C’est elle qui lui expliqua que « non, on n’a pas le temps de s’arrêter, il faut tout connaître, tout expérimenter le plus vite possible, tant qu’on est jeunes ». Elle était connue un peu partout pour ses frasques sexuellement alcoolisées, qui lui donnait un côté hype-trash alléchant. Elle lui expliqua qu’on ne lui donnerait jamais le temps de s’enticher d’une gare. Il décida de lancer une croisade contre ceux qui oublient la notion même de passion. La poupée riait. Elle le trouvait mignon et marrant. Alors elle l’entraîna dans un taxi. Direction son appartement.
Le lendemain matin, alors que la petite poupée dormait encore, il contempla son visage enfantin. Elle était belle. Très belle. Elle ouvrit ses grands yeux bleus. Son maquillage avait coulé et lui donnait un air triste. Elle l’embrassa tendrement, se rhabilla, le câlina un peu et partit.
Elle devait reprendre le train. Vite.
Lui s’était entiché de cette petite poupée, et n’avait pas la force de repartir, de coucher avec d’autres filles, sur d’autres musiques, dans d’autres lieux. Pas si vite.

ROLL K
Minuit, le concert se termine, la chasse est ouverte. Premières arrivées, premières servies. Cet après-midi elles faisaient déjà le piquet derrière la salle, à racler la porte blindée, avec œillades au manager de circonstance. S’il fallait lui passer dessus ça ne leur poserait aucun problème. Et les managers, c’est rarement des canons.
Ces filles on ne les voit pas dans la fosse, avec le reste des screaming fans. Non, elles squattent backstage. "Mais on fait des interviews!" Ouais.
Ces insupportables princesses me dépriment sensiblement. Sur leurs gardes, elles traînent leur cul dans le couloir en avalant tout ce qu’elles peuvent – alcool, bonbons, semence suprême. Si tu as le malheur de bousculer leur programme en tchatchant le chanteur, elles t’arrachent les cheveux et te jettent une bière à la gueule : "Qu’est-ce tu fais là toi ?" Genre elles sont à leur place.
Entre deux concerts elles restent à la maison avec leurs rêves de tourbus, et peaufinent leur plan d’attaque en épluchant "I’m with the Band". Ce weekend elles vont jeter leur dévolu sur n’importe quel merdeux à guitare mais en attendant, elles étalent leurs dernières frasques sur des blogs, en petites putes mégalomanes.
Je ne blâme pas ces filles dont la méchanceté n’a d’égale que leur ambition libidineuse. ; elles ne m’attristent plus qu’elles ne m’agacent. Je n’écris pas ça par jalousie, moi aussi j’ai fait la conne dans des chambres d’hôtels mais je n’en fais pas une fierté particulière ni ma marque de fabrique. Donc, ça me pourrit la soirée de me faire cracher dessus par des sangsues en chaleur que je dérange en plein trip Almost Famous.
Chères petites sauteuses, je n’entends pas vous faire la morale – je suis très mal placée- mais l’un des seuls qui n’ait pas profité de moi a fini par me dire :
"C’est marqué sur ton front que t’es une obsédée. Suivre les groupes ça craint pour ton estime personnelle. Respecte-toi, éclate-toi aux concerts mais ne cherche pas à les rencontrer. Arrête de leur courir après, et commence quelque chose."

Qu'est-ce qu'il y a, tu te sens visée?

CANDY#

24 août 2008

ROUTE DU ROCK 08

Mise à jour du blog en cours ---> artworks et articles manquants
merci de votre patience : )



Hors-Série #3
-Samedi 16 Août 08-



The Story of Michka
episode three


(par RollK)

« C’est comme de sauter sur un trampoline. On veut s’envoler, tout en sachant qu’on ne pourra pas y arriver. Mais on continue de sauter pour le plaisir de se retrouver en l’air un court instant. Un festival c’est exactement ça. On reste en l’air pendant quelques jours, comme si le saut durait beaucoup beaucoup plus longtemps qu’un saut de trampoline. Et puis on redescend. C’est inévitable. » Ça y est Michka aime le festival. Il comprend enfin qu’un festival c’est une messe, mais c’est aussi un vaste terrain de jeu. Il a huit ans, peut être neuf. Pas plus. Il voudrait juste pouvoir rester dans cette euphorisante insouciance. C’est un peu comme un très long 14 juillet. Ce soir, c’est le feu d’artifice. Michka a oublié sa terrible envie de se taper une nana, son désir de jambon de parme et de canapé Ikea. Il est arrivé au bout du parcours initiatique. Il peut être baptisé.
Il est 18h. Il a en face de lui un fort qui se repeuple, un îlot qui accueille des naufragés. C’est une terre inconnue. Certains diront que ça s’appelle le Fort Saint-Père, qu’il est situé à proximité de Saint-Malo. Michka lui sait que durant ces trois jours ce lieu n’a plus aucune dénomination. Les groupes qui y jouent n’appartiennent plus à un genre musical. Il délaisse la catégorisation pour s’abandonner à ses émotions. Il veut connaître le panel des émotions qu’un homme peut éprouver. Sans jamais devoir les nommer.
Il s’est maquillé. Il a emprunté des affaires à JB. Il veut faire partie de la communauté. Il veut même devenir le roi des rescapés.
Mais avant tout, Michka veut danser.


PONI HOAX


Nicolas Ker, chanteur envoûtant des excellents Poni Hoax, s'était livré le 15 février dernier, après un concert à l'Ubu, à quelques réflexions qui nous sont restées en travers des oreilles. Magnéto, Nico :
"Faut vraiment être un connard pour se piquer à l'héro."
"Je comprends pas qu'il y ait pas plus de meufs dans le rock. Feist et Micky Green, c'est bon pour Télérama."
"Courtney Love, c'est du Yelle en réussi, en pas neuneu, elle dit "Tu me prends pour une chienne mais toi t'es un chien." Tu parles elle baisait Billy Corgan, c'est une grosse salope."


Fort St Père / Samedi 16 août - 01H00



THE TING TINGS


Voilà un duo qui mollarde à tout va des hymnes disco-punk-funk antidépresseurs. Avec Jules à la batterie et Katie à la guitare/voix, la première andouille venue pensera aux White Stripes à l'envers, mais The Ting Tings se retrouvent plus dans une veine pop-dance joyeuse que dans un Icky Thump enragé.
C'est Beth Ditto sous amphet' reprenant le Hollaback Girl de Gwen Stefani, ou encore les Pipettes en jogging qui feraient les claps sur un mix de CSS. Il sera donc inutile de vous plaquer un flingue sur la tempe pour vous faire danser...*


Fort St Père / Samedi 16 août - 23H30



MIDNIGHT JUGGERNAUTS


(par RollK)

En choisissant de s’appeler « les Poids Lourd de Minuit », les Midnight Juggernauts s’affirment comme les détonateurs nécessaires pour toute fête qui se veut réussie. Ces trois australiens ont décidé de nous faire danser. Il ne s’agit plus de dodeliner de la tête au son des balades mélancoliques de Sigur Ros. C’est le monde de la nuit qui s’offre à nous. Alors préparez vous, aux alentours de 2h30 le fort risque de vaciller…

ROUTE DU ROCK 08

Hors-Série #2
-vendredi 15 Août 08-



The Story of Michka
episode two

par RollK

Michka rejoint JB. Il est allongé sur la plage, en slim noir et converse. « Qu’est-ce que tu fous en slim ? T’es au courant qu’on va jouer au foot là ? ». Michka explose de rire en découvrant le chapelet qui se balance au coup de son pote. JB semble de mauvaise humeur. Il lui lance « Tu vas pas te marrer longtemps. Ce soir il n’y a pratiquement que de la pop et de la folk. » Michka s’en fout, il va jouer au foot et ça c’est vraiment cool. « C’est pas si grave mec… On va jouer au foot, prendre l’apéro, et puis on essayera de choper des nanas ce soir. » JB est atterré. Il emmène son pote dans un festival hype, et l’autre lui parle de serrer des nanas et de picoler du pastis pour oublier les concerts miteux. Agacé, il se relève brusquement et s’avance en direction des buts, Michka sur ses talons. Il a décidé de faire dans la provoc’ et lance haut et fort : « Putain ils nous font quand même chier ces intellos de folkeux. » Pas de une, pas de deux, deux mecs arborant fièrement des t-shirts « Pop is not dead » rappliquent. « Hey les BB Brunes, c’est contre vous qu’on joue ? ». Ça commence mal. Très mal. Les mecs ont l’air un peu snob, JB semble complètement remonté. Ça risque de clasher. JB donne un coup de coude à Michka et lui lance « Vises moi ces barbus, même pas capables de s’habiller un peu classe pour une fois ! Hey les mecs on n’est pas dans la forêt canadienne ici ! ». Ça y est, ça dérape. Michka essaye de se mettre à l’écart, mais JB lui passe le bras autour des épaules. Coincé. Il veut crier qu’il n’a rien à voir là dedans, qu’entre les films de Godart, et les riffs de guitare il n’y aucun écart, qu’être intello ne veut rien dire, et que ce n’est pas parce qu’on adore le rock qu’on est un imbécile camé. Lui, il aime la musique, pour ce qu’elle est et pas pour la définition que certains peuvent en donner. Pourquoi vouloir à tout prix classer les groupes, les gens, la société ? Il voudrait être Miss France et balancer « je suis contre le sida, contre la guerre, et contre le cloisonnement musical. » Mais il n’a jamais eu de couille. C’est un amoureux de la musique. Pas un mec de gang.



ADAM KESHER

Ce sextet bordelais taillé pour la scène ébranle tous les dancefloors branchouille à grand renfort de bombes electro post-punk irrésistibles et contagieuses. Pour ne rien arranger, ils sont menés par un chanteur assez hot qui va être responsable d'une vague d'orgasmes multi-récidivistes dans la foule ce soir (je m'inclus dans ces prévisions, bien entendu). Adam Kesher, un super coup.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 02H50



NO AGE

Voici un duo issu de la scène noise de Los Angeles, véritable fourmilière de concerts all-ages et de scènes underground qui a vu s'imposer un bataillon d'excités comme Health, Mika Miko et autres hyper-actifs chevronnés.
Colporteurs inspirés du DIY, No Age font simplement la musique qu'ils ont envie d'entendre. C'est noise dans le fond, punk dans l'esprit, avec des moments pop et catchy. Pour moi, un des groupes les plus excitants du weekend.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 19H15



PIVOT

Dans un climat un peu radioactif, Pivot crée des mélodies rock instrumentales qui feraient office de bandes-sons modernes pour des films obscurs : des boucles électroniques, des samples, des impros de guitare, tous dans la nuance et dans la contradiction, dans le passé et dans le futur, dans la froideur et l'émotion.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 01H30



WHY?

Deux-trois mecs s'affairent autour d'un schmilblick sophistiqué de cordes, peaux, cloches, claviers et autres gadgets sonores sur lequel le chanteur Yoni Wolf vient poser son flow bien à lui.
C'est brillant, c'est sombre et tordu. Une pop psychédélique, toute en contrastes et déconcertante d'anti-conformisme avec ses crochets hip hop.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 20H35



SIGUR ROS

Il était une fois un groupe islandais qui choisit pour nom « Rose de la victoire » (Sigur Ros) et qui remporta la bataille musicale. Leur stratégie depuis leur création en 1994 ? Un soupçon de mélancolie, une pointe de grâce, un souffle éthéré, et une certaine puissance. Non contents d’avoir trouvé cette formule magique, la bande d’islandais- et particulièrement leur chanteur Jon Pop Birgisson (un carambar pour celui qui parviendra à retenir ce nom)- s’attaque à la langue. Fini l’islandais, place au volenska, une langue imaginaire qui sublime leurs compositions, et qui nous emporte loin… très loin.

RollK


BOWERBIRDS

Pour être honnête je ne suis pas tellement branchée folk, alors faute de références plausibles je vous épargnerai mes élucubrations à l'eau de coquelicot. Mais ce qui est sûr c'est que Bowerbirds m'emmènent plus loin qu'un bout de tapisserie vintage fleurie ou autre cliché pour chevelu romantique. Avec un tambour, des mélodies ravissantes et un accordéon, ces rêveurs racontent une histoire et on finit par respirer avec eux. Alors venez mais ne faîtes pas trop les morts, ça va être un peu chiant si tout le monde s'allonge par terre pour comater gentiment, une fleur dans les cheveux.

Candy#

Palais Sony Ericsson / Vendredi 15 août - 16H00

23 août 2008

ROUTE DU ROCK 08

Hors-Série #1
-Jeudi 14 Août 08-



The Story of Michka
episode one



par RollK

Les frites sont grasses, et noyées dans un mélange ketchup-mayo peu ragoûtant. Michka en a marre. Ras-le-bol des folkeux, des poppeux, des rockeux métamorphosés en hippies pour l’été. Son pote JB l’a traîné ici, et maintenant il se retrouve enfermé dans un fort en ruine. Il est 19h45 et le groupe qui a décidé de partir en croisade contre la drogue fait du revival dylanesque insipide. Les festivaliers sont en transe, eux. Lui il veut sa TV, son nouveau canapé Ikea, et une bonne salade avec du jambon de parme. On lui tape sur l’épaule. C’est JB, rouge comme un poivrot, puant l’alcool bon marché. Il tient toujours dans sa main la petite bouteille en plastique dans laquelle il a mélangé du whisky et du coca. « Putain mec je t’emmène dans un des meilleurs festivals de l’été et toi tu tires une gueule de six pieds de long ! » Ça y est c’est la crise. Il aurait du faire un effort pour son pote. Ok il n’est pas un mec cool. Ok il squatte le stand de bouffe depuis 18h30. Mais il n’en a rien à foutre lui de ce genre de réunion à la noix. « Je suis désolé… c’est pas mon truc les festivals. J’adore la musique, mais sur un Cd, chez moi. » JB lui lance un regard noir. Il a du dire une connerie. « Putain mais Micka la musique ça se vit. C’est pas un rassemblement d’alcooliques anonymes qui idolâtrent des mecs parce qu’ils savent plaquer trois accords sur une guitare. C’est autre chose. C’est une communion. Tu sais, avant, il y avait des putains de grands rassemblements religieux, des baptêmes, des crémations, des enterrements. Nous on est jeunes, on ne va plus dans ce genre de réunion parce qu’on ne croit plus. Mais ça, ces festivals que tu méprises, ce sont nos rassemblements à nous, nos messes, nos baptêmes, nos communions. C’est ma religion. » Michka lève les yeux au ciel. Ça y est il n’est que 20h30 et il est complètement beurré. JB continue sa litanie sirupeuse. Lui, il n’écoute plus. Soudain une petite voix s’élève. Une voix féminine, éthérée. Il se sent ému. Il regarde vers la scène, et comprend soudain toute la magie d’un concert. Là, devant lui, il n’y a qu’une petite nana et un mec avec des instruments. C’est un chant sacré. Il se tourne vers JB et lui lance : « Ok. Une religion. »



FOALS



(par RollK)

Il est temps pour les Foals de changer leur nom de groupe. Ils ne sont plus de chétifs poulains (foals) britanniques, mais de véritables pur-sang participant aux compétitions internationales. Machine à produire du rêve, Foals a pour tête pensante un camé de la créativité: Yannis Philippakis. Addicts à la jeunesse, accros à la folie, ces mecs d'Oxford n'ont aucune limite et un seul but: devenir les messies du math-rock. Objectif accompli. Succession de savantes équations musicales, leurs morceaux nous tirent de notre léthargie et nous poussent sur la piste de danse. Les voici prêts pour remporter la médaille Fields.


(par Candy#)

Ils se tenaient initialement à l'écart de la hypitude londonienne, avec coupes asymétriques et passage obligé par la couv' du NME. Pour ceux qui font "maintenant-ils-sont-connus-c'est-naze", mordez donc dans vos lunettes de branchés style-genre, vous vous êtes plantés.
Foals, ce n'est pas que le cocktail qu'on retrouve dans n'importe quelle teenage party décente. C'est d'abord une base math-rock affublée d'une armada d'influences hors-normes : afro-beat, techno, classique, dance, post-punk et pas mal de weed, aussi.
Sur scène ils sont serrés comme des sardines dans la metal box de P.i.L. et ce n'est plus un secret, c'est un des meilleurs lives du moment.




THE WAR ON DRUGS


(par Mlle Riposte!)

Dans les années soixante-dix, le président Nixon proclama à la jeunesse américaine endormie sous les volutes des fumées acides et colorées, la guerre aux drogues... Nous voici à la fin de la décennie 00's et le problème serait il encore si lourd pour qu'un groupe s'entiche du slogan "THE WAR ON DRUGS".

Imaginez la pâle figure d'un Bob Dylan au matin du 10 août 1969 à l'annonce du massacre de Sharon Tate et cie orchestré par Charles Manson et vous aurez la nuance du kit "The War on Drugs". Une pop folk assombrie par des orgues critiques et un effet d'écho/réverbération qui tendent à l'orage d'été. Chez "War on drugs", on y retrouve l'harmonie du superbe "Intervention" d'Arcade Fire mêlée la folle vague froide de Suicide.

Fort St Père / Jeudi 14 août - 19H15




FUCK BUTTONS


(par Candy#)

Ces deux weirdos sont capables de compositions empreintes d'une détresse singulière et sans délivrance : synthétiseurs mélancoliques, vagues électroniques stridentes, tintements de cloches innocents... des berceuses angoissantes auxquelles s'ajoute un son saturé tout droit sorti d'une vieille baffle pourrie, puis éclatent sur des cris hardcore étouffés dans un micro cheap, et c'est reparti pour un tour... Une déferlante cyclique et sublime qui vous rend étrangement nauséeux.

Palais Sony Ericsson / Jeudi 14 août - 17H25




Criant
Orgasme
Long Beach
Destroy

Wah Wah
Atmosphérique
Rock

Karsher
Icône radio
Delay
Soul

Fort St Père / Jeudi 14 août - 01H20



TINDERSTICKS


(par Mlle Riposte!)

Stuart Staples est un crooner à la voix grave et torturée, ce qui donne à Tindersticks cette touche de miel aigre. Les guitares ont le son du terroir que nos camarades du groupe folk The Missing Season dont les compositions d'un romantisme rude nous ont acclimatés depuis quelques temps. Tindersticks produit ce genre de Murder Ballads qui vous accompagneront au gré du crépuscule...

Fort St Père / Jeudi 14 août - 22H00



THE BREEDERS


(par Mlle Riposte!)

Qu'est-ce qu'ils viennent foutre ici ces ringos des 90's?
Les clichés me reviennent à l'esprit : les converses basses, les jeans neiges troués, les tee-shirts "Sonic Youth" de cette jeunesse mal coiffée qui a du mal à s'envoyer en l'air... Bref encore un truc chiant qui me rappelle les vieux magazines que feuilletaient mes frangins en pleine époque "Rock n'roll is dead!".

Fort St Père / Jeudi 14 août - 23H40



THE DODOS


(par Mlle Riposte!)

La chanson à choper sur MySpace : The Dodos_Trades and tariffs.
On aime parce que c'est cinq minutes de légèreté. Dès l'intro, la minimaliste batterie et la mélodie inspirée d'un folklore lointain pourront vous emporter je-ne-sais-où. Le détail qui tue, c'est l'ajout d'une guitare noise pour la touche sombre et le jeu de question-réponse, dans un premier temps entre chant et contre chant, puis entre guitare solo et batterie sans perdre le fil de la chanson... un air joyeux et estival à entonner sur le quai du métro lorsque vous serez de retour à la ville.

Palais Sony Ericsson / Jeudi 14 août - 16H00



NINA NASTASIA


(par Mlle Riposte!)

Nina Nastasia ne connaît pas la fameuse graisse "Fast Fret". Oui, j'avoue que ce grincement que produisent les doigts sur les cordes d'une guitare me sont aussi insupportable qu'une cuillère qui gratte le fond d'une casserole... Je ne suis pas maniaque mais c'est le premier détail qui agace dans la sirupeuse folk de cette artiste nouille-orquaise. Une folk un peu trop discrète, un peu trop raffinée risque de transformer en ascenseur la plage, en espérant que Notre Drame de Bon Secours vieille sur nous.

ROUTE DU ROCK 08

Toutes les photos du shooting pour les couvs spéciales Route Du Rock sont visibles sur Flickr : cliquez ICI

24 juil. 2008

SUMMER IS CRAZY

Une interview inédite pour vous faire patienter en attendant de nous retrouver à la Route du Rock...

HEALTH



Rennes, le 5 juin dernier, on emmène les Californiens de Health derrière l'Ubu; moi je voulais les parquer dans un coin sombre mais on se plante gentiment sous un lampadaire, loin de la cacophonie de la salle où, dernière soirée de la saison oblige, l'ambiance oscille entre l'amertume des fidèles et l'excitation générale à l'approche du -très annoncé- Summer of Looove.
Donc, on finit notre verre en pestant contre le dictaphone, sous l'oeil amusé quoique soupçonneux des intéressés.

Mademoiselle Âge Bête : Alors vous venez de la West Coast?
Health : Ouais! West Siiiiide! Vous savez quoi sur la West Coast?
MAB : Oh c'est un cliché pour nous.
JOHN :C'est vrai que c'était un grand truc dans les 90s, c'est dépassé maintenant. C'est comme nos clichés sur les français, on vous imagine tous en train de dire "Sacrebleeuuu!"

Jake rapplique, le nez dans sa capuche et la clope au bec :
"Salut! Je viens fumer dehors!
John : Tu t'es fait jeter avec ta clope?
Jake : Ouais! Alors que tous ces enculés fument à l'intérieur!
John: Tu peux plus fumer nulle part?
MAB : Nan c'est une saloperie de nouvelle loi.
Jake : Quand tu joues c'est chiant tu peux même pas prendre une clope.
Jupiter : Je suis sûr que la prochaine question parle de la cigarette.

MAB : Non c'est à propos de vos goûts musicaux et influences...
John : C'est beaucoup de rock'n'roll, des trucs intenses des 60s, tous les classiques comme Black Sabbath, Cream, The Doors, Led Zeppelin, on aime beaucoup le punk, le hardcore, le métal, des groupes actuels comme Animal Collective, et aussi Television, Gang Of Four, des groupes post punk.
Jupiter : Quand on a commencé on était post punk. On adore PiL. Et Guns'n'Roses!

MAB : Comment est la scène de L.A. aujourd'hui?
John : On n'y a pas mis les pieds depuis 5 mois, on ne sait pas trop ce qui s'y passe. C'est beaucoup dans l'esprit DIY, il y a beaucoup de concerts underground, c'est all-ages, il y a plein de gamins, et plein de groupes qui jouent 4 ou 5 fois par semaine.

MAB : Votre musique est pleine d'influences différentes...vous pouvez nous expliquer votre son, le bordel que c'est?
Jupiter : Euh je vais me chercher une bière...

MAB : Vous vous définiriez comment?
Jupiter : On est plutôt math-rock en fait, avec un côté flash, assez heavy.

MAB : Quelle réaction vous cherchez à provoquer chez votre public?
John : Nous on fait de la musique intense. T'en fais ce que tu veux, tu délires, tu danses, tu entres en transe, tu te barres...
Jupiter : On espère que les gens se sentent mieux en sortant du concert. Tu as passé une journée de merde, tu viens et tu oublies tout.
John : C'est pour ça que ça doit être fort, intense, et dingue.

MAB : Quelque chose à ajouter?
Jake : Go France! I love you France!
John : Hey, french girls, my myspace adress is... t'enregistres toujours? Ok viens on va chercher des bières.

Candy# & Mlle Riposte!


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