31 oct. 2008

ALAIN KAN - LA VIE EN MARS


Blanche-Neige fait des photos nues,
Mickey Mouse est un vieux cochon,

EDITO

Octobre 2008, Octobre Noir?

Le matin, je me lève et la radio beugle l'effondrement de l'économie, j'ai peur... Pendant ce temps, la jeune tranche claque sa thune et son énergie dans des phénomènes de mode à contrat renouvelable de 6 mois... le rock, le fluo, la folk, le flop!
Il est désormais dur d'installer - culturellement parlant - quelque chose de durable puisque comme on vide son frigo, on se remplit le cerveau...
Alors je préfère mettre cette rentrée sous le signe du "rien-à-branler!" Faites ce qu'il vous plaît, oubliez les choses "in", devenez "out". Dites adieu aux exaltations débiles sur des phénomènes périodiques stériles... Devenez vous! Sortez de votre coté poseur-mondain-myspace et bougez vos culs de vos canapés pour aller aux concerts... Faites vivre votre scène!

Mlle Riposte!

Une p'tite bière?


Les nuits de la pleine lune à Berlin, la foule bigarrée et extravagante court les bals électriques en cogitant son speed. En provenance d'un sous-sol, la voix cold de Randy Twigg sème stupeur et déhanchements...

C'est un duo comme on en voit beaucoup en ces temps. La fille au chant et le mec aux instrus. Il y a Kap Bambino, Ben et Bene, Ting Tings. Un classique. Sauf que ce coup-ci la nana est plutôt une garçonne statique sur explosions d'analogiques froids et fuzzy et gratte de temps à autre une guitare cra-cra.

La démo - sans doute maison - est assez dégueu. Boite-à-rythme mini, instru un peu saturée et voix isolée dans un bocal à poisson rouge. Mais il y a un putain de truc qui se dégage, surtout quand on écoute le morceau "Birdy". Il y a de l'extrait d'électro-punk dedans comme chez Sigue Sigue Sputnik ou Les Liaisons Dangeureuses...

Je ne garantis pas non que ce machin là va révolutionner la musique, mais cette Randy Twigg, elle a un truc, elle balance une atmosphère direct, elle a une présence qui pourrait faire d'elle l'héroine berlinoise de cette fin de décennie zéro.


Mlle Riposte!

CALIFORNIA ÜBER ALLES


Après m’être fait pourrir toute la matinée j’avais besoin d’un remontant. À ma pause déjeuner, j’ai tracé au Virgin Barbès. Situation géographique oblige, le rayon rock est assez minable mais quand même, entre Nine Inch Nails et Oasis j’ai trouvé de quoi me péter les tympans pour les trois prochaines semaines : NO AGE.
C’est un duo issu de la scène noise de Los Angeles, véritable fourmilière de concerts all-ages et de groupes underground qui a vu s’imposer un bataillon d’excités comme Health, Mika Miko et autres hyperactifs chevronnés.
Colporteurs inspirés du DIY, No Age font simplement la musique qu’ils ont envie d’entendre. sans même s'encombrer d'un bassiste. C’est noise dans le fond, punk dans l’esprit, avec des moments pop et grungy. L’album Nouns est formidable, t’as envie de choper le premier vol pour LA. et aller te droguer avec des ados en t-shirt crade. Je ne vais pas me confondre en termes techniques pour la bonne raison que je n’y connais rien. En revanche je peux vous dire que je n’ai pas autant kiffé un son que depuis le jour où Riposte m’a fait écouter Sonic Youth.



---> Au jeu des questions faciles, mon nouveau groupe préféré ne s’est pas fatigué :

Sex is "GAY"
Drugs are "LAME"
Rock can "HURT."

CANDY#

Album Nouns chez SupPop.

No Age LIVE @ Point Éphémère le 1er novembre 08, Paris.

myspace.com/nonoage

LadyHawke est à l’origine un film fantastique US au scénario farfelu transpirant la love story. Mais c’est aussi le nom de scène de Pip Browne, une néo-zélandaise de 26 ans qui puise une grande partie de son inspiration dans les années 80.
Donc, lorsqu’on tape « LadyHawke » sur Youtube, on a la chance de découvrir non seulement le clip ‘Paris is burning’ mais également celui de la BO du film LadyHawke, dans lequel nous est dévoilé l’amour de Philippe Gaston et Isabeau d’Anjou (alias Matthew Broderick et Michelle Pfeiffer) rendu impossible par leur transformation-malédiction respectives- le premier devient loup à la nuit tombée, tandis que la seconde est faucon la journée (très pratique pour se rencontrer). Pip Browne semble avoir repris ce thème de la transformation au travers de ses clips. Dans l’un, on la voit marcher dans des ruelles, à la fois agressive, désespérée et carrément irréelle. Dans l’autre, on la voit se réveiller en sursaut, entendre des bruits de pas, et finir par danser au milieu de monstres grandguignolesques. Dans un troisième, elle convoque toutes les clés de l’esthétique 80’s- voie lactée en arrière fond, lumière brumeuse, visage auréolé d’une blondeur à la Debbie Harry- pour nous concocter un clip évanescent. Plus que ses clips, ce sont ses refrains qui nous font tourner la tête, et que l’on se surprend à fredonner toute la journée.
Une question reste tout de même en suspens : Pip Browne a-t-elle pris pour pseudo ‘LadyHawke’ en référence à un profond désir de devenir la femme-faucon de l’homme-loup Matthew Broderick qui n’avait pas son pareil pour faire battre son petit cœur ?
Réponse le 09 octobre au Point FMR (Paris), où LadyHawke donne un concert.

ROLLK

Dis Papa... pourquoi tu portes une PERRUQUE ... ?!!




En réaction aux noms de groupes en THE, Etienne, Olivier et David ont choisi de jouer le côté "tocard" face à leur copains garageux en s'appelant CHEVEU... Ils cherchaient à jouer dans des villes avec des noms d'animaux comme Lyon,... et c'est à Rennes, où le 20 septembre dernier ils ouvraient le bal électrique de rentrée de l'Ubu.

Mais qui êtes vous?

Etienne : Moi c'est Gérard... euh non Étienne... On vient de Bordeaux et on s'est formé à Paris.
Olivier : C'était il y a cinq ans, c'était l'été. On a branché un clavier Casio qu'un mec nous avait filé. On l'a branché sur un clavier et on a mis la satu à fond, cela nous a plu et je pense que c'est la base du groupe. Et ensuite on a tous greffé autour.
David : Cela fait cinq ans qu'on a fait ça mais ça fait vraiment deux ans qu'on tourne.

Au niveau de la configuration du groupe, elle est assez atypique en ce qui concerne sa carte technique?

E : Je ne suis pas trop atypique car je fais de la guitare comme un vulgaire guitariste.
O : Moi c'est boite à rythmes et vieux claviers Casio, et boite à rythmes un peu pourries, un peu jouet limite.
D : Moi j'ai plusieurs micros en fait, et ils passent par des machines qui font des échos, des nappes, qui donnent de la profondeur, des trucs comme ça.
E : Ceci qui à été si bien dit dans quelques coupures de presse : on ferait un peu partie de l'amicale des vides-greniers. (tout le monde se marre)

M.R : J'imagine que vous fréquentez un peu la scène D.I.Y?

E : En fait, on faisait un peu notre truc dans notre coin et ce qui nous as - en quelque sorte - permis de sortir de l'endroit où on faisait du bordel, c'était une connection avec plein de groupes à Strasbourg, et qui étaient dans le même état d'esprit que nous, c'est à dire faire de la musique avec des trucs récupérés à droite et à gauche. Un truc un peu brut, tu vois... et ça nous a plu...
O : L'art brut... Ouais, ouais... Ha ha! C'est un peu retombé maintenant mais c'était une classe scène...
E : Des groupes comme Crack und Ultra Eczema (no wave) qui ne joue plus maintenant et les Normals...
D : Olivier avait monté un petit label qui s'appellait "Tes Fesses Rdcs" qui a sortit deux groupes Cradle of Smurf (electro) et Crack (ortho à verifier).

M.R Et vous touchez à ce qui est un peu circuit-bending, vos synthés vous les trafiquez?

O : Pas du tout, on va plutôt chercher à trouver des synthés qui conviennent bien...
E : Quitte à avoir du stock... On n'est pas trop bricoleurs, on est plus récup'. On aime bien se servir d'un truc tout de suite.
D : Ce qui est marrant, c'est d'exploiter, de construire avec les sons qui sont donnés, tu vois, ça pète pas énorme, t'appuie dessus, t'es pas énormément convaincu... Donc tu vas le booster un peu mais sans trifouiller électriquement pour faire des trucs trop bizarres.

M.R : Donc, quand vous trouvez un synthé, vous cherchez essentiellement une matière brute...?

D : Oui, au pire, on va mettre des effets, un peu derrière mais sans plus.
E : Disons, on n'est pas hyper fan des boites-à-rythmes hyper sèches, analogiques, même qu'on déteste un peu ça. On aime bien la rondeur, donc on peut aller la chercher effectivement dans la saturation en déformant le son.
D : On se méfie un peu du penchant electro-clash avec des trucs qui pètent à fond, des grosses boites-à-rythmes disco qui te prennent toute une sono où sont posé dessus des trucs trop propres.
O : Le genre de truc qui manque un peu d'âme...


M.R. Qui sont vos idoles des mecs modernes ou des vieux réacs?

D : (à l'intention d'E) Lui c'est le vieux réac, le mec de droite (rire général)...
E : Quand on a commencé le groupe, on n' vraiment aucune références et au fur et à mesure des concerts des gens disaient que ça sonnait comme ci ou comme ça... Et qu'on connaissait pas...

M.R Et donc ça sonnerait comme qui?

O : Hum... Jonathan Richman ou Suicide.
E : Ou comme ce groupe français qui chantait "Crève Salope" : Métal Urbain. On n'est pas même pas convaincu car on pense pas sonner comme ça mais bon...
D : Le gros élément de comparaison, c'est que les gens se focalisent sur la boite-à-rythmes et cherchent dans les groupes à boite-à-rythmes...
O : Dans les influences, il y a des mecs qu'on aime bien comme The Rebels, Country Teaser (?).... Il y a aussi un groupe de Seattle qui s'appelle Intelligence...
Le groupe c'est un peu la rencontre de trois univers musicaux, bien bien distincts...


M.R : Genre vous avez fait votre crise d'ado sur quel disques?

E : Beastie Boys et Stones. Les Cure... tiens, il y a des boite-à-rythmes super là dedans...dans Pornography... (rires)
O : Metallica et Pantera, j'aimais bien.
D : j'écoutais pas énorme de zic mais familièrement les trucs bizarre comme Laurie Anderson... Gros fan d'AC/DC... tu vois le genre de mix, de références chelou quoi!


M.R : Dans quelle scène pensez-vous, vous inscrire?

O : Au niveau d'une scène, on ne serait pas trop "français", on serait même plutôt "ricain"... On a un peu tourné là-bas aux États-Unis et nos potes sont plus là-bas... ça va aller de trucs bizarre, comme des mecs de Colombus genre Pink Reason, Intelligence,...
E : Effectivement on n'avait pas trop de "famille" musicale ici mais il est vrai qu'on a pu sortir une 45 tour et faire une tournée là-bas... et on y a rencontré des gens qui avaient le même état d'esprit que nous, de faire un truc spontané avec du bricolage... et notre "famille" c'est plutôt ça... On l'a construite! (rires)
D : A la base, nos "papas" c'est plus les mecs du garage comme à Paris, on jouait avec ce genre de groupe : Magnetix, Crash Normal, Frustration,...

M.R : Sinon au niveau des conditions d'enregistrements, on peut penser que les prises de sons doivent être multiples... c'est de la superposition...?

O : Oui c'est de la superposition de trucs, en gros la plupart de nos morceaux sur le disque sont issus de répètes où on s'enregistre par bout et puis après c'est du collage de séquences... Les tentatives de studio, c'était pas trop ça...
E : Notre label Born Bad nous ont offert la possibilité d'enregistrer en studio et on était tout content en se disant qu'on aurait un putain d'énorme son... et en fait, non! C'est horrible, non?

M.R : C'est donc mieux à la maison?

E : Oui on est super à l'aise, et c'est Olivier qui fait le mix...
O : Ouais, c'est fait dans la cuisine...
E : C'est un peu dans la continuité du principe du groupe...
O : On sait pas si c'est viable à long terme mais c'est comme ça que l'on a fait le premier set.

M.R : Et en cette fin de décennie, vous vous sentez comment en tant que musicien, spectateur, actif de la scène des musiques amplifiées?

E : À Paris, il y a dix ans, les gars qu'on fréquentent avaient une cave et y faisaient des concerts. Maintenant, avec l'éclosion du rock, il y a des salles partout, tu peux jouer facilement à droite, à gauche. Je trouve qu'il y a pas mal de groupes, on a fait pas mal de rencontre...
O : On va dire que c'est pas trop l'heure de faire du Rap en ce moment...
E : Il y a un truc de mode...
O : ... qui perdure un peu. On s'est sentit porté par ce truc puisque c'était facile pour les groupes de jouer... Médiatiquement, on n'est pas des références mais les gens s'intéressent au truc, tu vas voir dans Elle, dans la rubrique de la semaine pour les meufs comment s'habiller "rock n'roll", c'est vraiment un truc global... un truc de société en gros... donc c'est facile...

M.R : Mais ça vous fait pas chier toute cette médiation à tort et à raison du rock n'roll?

O : Si ça nous permet de manger... (rires...)
E : De tout façon, le rock n'roll en lui même c'est un truc commercial, à la base c'est le Rythm n' blues joué par les black et puis les gens s'y sont mis... et ils ont même vendu du pepsi avec...
D : Dans notre logique, on trouve ça assez marrant de ne pas jouer que dans des caves et de pouvoir jouer dans des salles aussi. Avec la musique qu'on fait, on est parfois étonné - faut pas dire ça commercialement parlant - de voir qu'on peut faire un truc à la fois atypique et à la fois complètement n'importe quoi devant 400 personnes, c'est quand même une chance. Généralement les musiques borderline comme nous sont plutôt de l'autre coté de la ligne, à jamais pouvoir jouer à l'Ubu par exemple. Il y a des avantages et inconvénients de pouvoir rentrer dans un circuit plus normal, je trouve ça génial d'offrir une musique à des gens qui ne s'y attendent même pas et qui le prennent un peu dans la gueule.. La première fois qu'ils te voient, ils restent tous scotchés, t'as l'impression que ça ne leur a pas plu... En fait ils sont touchés, il suffit d'amorcer le truc...


Mlle Riposte!

SALE MORVEUX!


Les Black lips, avaient joués la veille au Havre. Ils avaient la gueule de bois. Endormis, bière à la main, mais le regard à l'affût des mini-jupes qui défilaient dans le coin, et surtout peu bavards à l'entrevue. Bien fidèles à leur image d'ados attardés.

Mlle Riposte! : L'album titré "Good Bad, Not Evil" est une référence au hit "Great big kiss" chanté jadis par les Shangris Las, pourquoi ce clin d'oeil aux sixties?

Black Lips : - On écoute pas mal de ces trucs des années 50, 60... Et nous avons grandi marqués par ces girl groups. Nos premières références sont le blues, la country, c'est la tradition aux États-Unis : 13th Floor Elavators, The Flocons...
- Le Gospel aussi... trop de noms à dire...

M.R : On entend dire de vous que avez créé un nouveau délire, le "flower punk". Musicalement ça se traduit comment?

B.L : - C'est comme le punk rock gay, du solide rock n'roll!
- Oh! Du solide mais pas comme les "macho men"...
M.R : Mais pourtant tu portes une moustache de "macho man"?
B.L : - Ouais, mais je fais des disques plus sauvages qu'eux...

M.R : Et vous avez commencé comment, en fait?
B.L : - On allait à l'école ensemble, et on n'avait rien à faire d'autre alors on a commencé à jouer ensemble. Et on voulait choper des filles. Les plus vieux nous filaient des drogues, ce qui nous allumait pas mal...

M.R : - Et quand à cette chanson "O katrina" qui serai une parodie de la manière de jouer des Beatles?
B.L : - Oh yeah, yeah! On chie sur les Beatles!
M.R : Tiens, en parlant de chier... votre réputation est de pisser, vomir bref de faire les porcs sur scène, c'est juste du cliché rock ou quoi?
B.L : - Bah le truc, c'est que j'ai des problèmes d'estomac, alors dès fois j'ai des renvois donc je me gène pas...
- Mais bon, maintenant, on est plus calme, on est devenu des mecs biens et on se contente juste de jouer sur scène.
- Les clichés sont faciles, mais ils sont si vrais.

M.R : Donc vous prenez des drogues et vous baisez des groupies après les concerts?
B.L : - Yeah! Mais aussi dès fois, on se contente de boire et de conduire... (grands éclats de rires)

M.R : Et pour ce soir?
B.L : - Du sexe, de la défonce et du rock n'roooll!

M.R : - Ok, merci les gars, on verra bien...

Oui ils étaient efficaces , la foule haletante a même envahi la scène en beuglant sur "Bad Kids" et pété les pédales et les jacks. Le show s'est fini désaccordé, puis le groupe à squatté chez des spectateurs de chez qui ils se sont barrés en chourrant le Jack Danny. Et même qu'ils ont eu leurs pouffes à la fin!
Comme le disent les kids : "TROP COOL!"

Mlle Riposte!

The Story of Michka : Pale blue eyes


Michka s’est embarqué sur le TGV musical le plus rapide du monde. Arrêt Volume, arrêt festival des Inrocks, arrêt Technikart, arrêt Flèche d’Or, arrêt Ubu, arrêt les Trans… A peine est-il descendu à un arrêt qu’il doit remonter dans le train. Il n’a pas le temps de s’attacher aux gares, de rencontrer de nouvelles personnes, il a payé son billet, il ne peut plus faire marche arrière. Pourtant, qu’est ce qu’il ne donnerait pas pour arrêter la machine, pour que le train desserve pour une fois une bourgade perdue dans la rase campagne.
Tiens, voilà l’arrêt Boy Crisis. Mais où se trouve l’arrêt Dead Kids ? Il s’entend répondre par le contrôleur que l’arrêt Dead Kids n’est plus très bien entretenu, et donc qu’il n’y a que très peu de trains à prendre la peine de le desservir. Et oui, le paysage (musical) change à une vitesse affolante.
Un jour, Michka a pris le temps de passer une soirée à l’arrêt Flèche d’Or. Il y a rencontré une jeune fille qui ressemblait un peu à une poupée cassée. La petite Barbie avait de grands yeux bleus, et semblait connaître pas mal de trucs sur le TGV musical. C’est elle qui lui expliqua que « non, on n’a pas le temps de s’arrêter, il faut tout connaître, tout expérimenter le plus vite possible, tant qu’on est jeunes ». Elle était connue un peu partout pour ses frasques sexuellement alcoolisées, qui lui donnait un côté hype-trash alléchant. Elle lui expliqua qu’on ne lui donnerait jamais le temps de s’enticher d’une gare. Il décida de lancer une croisade contre ceux qui oublient la notion même de passion. La poupée riait. Elle le trouvait mignon et marrant. Alors elle l’entraîna dans un taxi. Direction son appartement.
Le lendemain matin, alors que la petite poupée dormait encore, il contempla son visage enfantin. Elle était belle. Très belle. Elle ouvrit ses grands yeux bleus. Son maquillage avait coulé et lui donnait un air triste. Elle l’embrassa tendrement, se rhabilla, le câlina un peu et partit.
Elle devait reprendre le train. Vite.
Lui s’était entiché de cette petite poupée, et n’avait pas la force de repartir, de coucher avec d’autres filles, sur d’autres musiques, dans d’autres lieux. Pas si vite.

ROLL K
Minuit, le concert se termine, la chasse est ouverte. Premières arrivées, premières servies. Cet après-midi elles faisaient déjà le piquet derrière la salle, à racler la porte blindée, avec œillades au manager de circonstance. S’il fallait lui passer dessus ça ne leur poserait aucun problème. Et les managers, c’est rarement des canons.
Ces filles on ne les voit pas dans la fosse, avec le reste des screaming fans. Non, elles squattent backstage. "Mais on fait des interviews!" Ouais.
Ces insupportables princesses me dépriment sensiblement. Sur leurs gardes, elles traînent leur cul dans le couloir en avalant tout ce qu’elles peuvent – alcool, bonbons, semence suprême. Si tu as le malheur de bousculer leur programme en tchatchant le chanteur, elles t’arrachent les cheveux et te jettent une bière à la gueule : "Qu’est-ce tu fais là toi ?" Genre elles sont à leur place.
Entre deux concerts elles restent à la maison avec leurs rêves de tourbus, et peaufinent leur plan d’attaque en épluchant "I’m with the Band". Ce weekend elles vont jeter leur dévolu sur n’importe quel merdeux à guitare mais en attendant, elles étalent leurs dernières frasques sur des blogs, en petites putes mégalomanes.
Je ne blâme pas ces filles dont la méchanceté n’a d’égale que leur ambition libidineuse. ; elles ne m’attristent plus qu’elles ne m’agacent. Je n’écris pas ça par jalousie, moi aussi j’ai fait la conne dans des chambres d’hôtels mais je n’en fais pas une fierté particulière ni ma marque de fabrique. Donc, ça me pourrit la soirée de me faire cracher dessus par des sangsues en chaleur que je dérange en plein trip Almost Famous.
Chères petites sauteuses, je n’entends pas vous faire la morale – je suis très mal placée- mais l’un des seuls qui n’ait pas profité de moi a fini par me dire :
"C’est marqué sur ton front que t’es une obsédée. Suivre les groupes ça craint pour ton estime personnelle. Respecte-toi, éclate-toi aux concerts mais ne cherche pas à les rencontrer. Arrête de leur courir après, et commence quelque chose."

Qu'est-ce qu'il y a, tu te sens visée?

CANDY#

24 août 2008

ROUTE DU ROCK 08

Mise à jour du blog en cours ---> artworks et articles manquants
merci de votre patience : )



Hors-Série #3
-Samedi 16 Août 08-



The Story of Michka
episode three


(par RollK)

« C’est comme de sauter sur un trampoline. On veut s’envoler, tout en sachant qu’on ne pourra pas y arriver. Mais on continue de sauter pour le plaisir de se retrouver en l’air un court instant. Un festival c’est exactement ça. On reste en l’air pendant quelques jours, comme si le saut durait beaucoup beaucoup plus longtemps qu’un saut de trampoline. Et puis on redescend. C’est inévitable. » Ça y est Michka aime le festival. Il comprend enfin qu’un festival c’est une messe, mais c’est aussi un vaste terrain de jeu. Il a huit ans, peut être neuf. Pas plus. Il voudrait juste pouvoir rester dans cette euphorisante insouciance. C’est un peu comme un très long 14 juillet. Ce soir, c’est le feu d’artifice. Michka a oublié sa terrible envie de se taper une nana, son désir de jambon de parme et de canapé Ikea. Il est arrivé au bout du parcours initiatique. Il peut être baptisé.
Il est 18h. Il a en face de lui un fort qui se repeuple, un îlot qui accueille des naufragés. C’est une terre inconnue. Certains diront que ça s’appelle le Fort Saint-Père, qu’il est situé à proximité de Saint-Malo. Michka lui sait que durant ces trois jours ce lieu n’a plus aucune dénomination. Les groupes qui y jouent n’appartiennent plus à un genre musical. Il délaisse la catégorisation pour s’abandonner à ses émotions. Il veut connaître le panel des émotions qu’un homme peut éprouver. Sans jamais devoir les nommer.
Il s’est maquillé. Il a emprunté des affaires à JB. Il veut faire partie de la communauté. Il veut même devenir le roi des rescapés.
Mais avant tout, Michka veut danser.


PONI HOAX


Nicolas Ker, chanteur envoûtant des excellents Poni Hoax, s'était livré le 15 février dernier, après un concert à l'Ubu, à quelques réflexions qui nous sont restées en travers des oreilles. Magnéto, Nico :
"Faut vraiment être un connard pour se piquer à l'héro."
"Je comprends pas qu'il y ait pas plus de meufs dans le rock. Feist et Micky Green, c'est bon pour Télérama."
"Courtney Love, c'est du Yelle en réussi, en pas neuneu, elle dit "Tu me prends pour une chienne mais toi t'es un chien." Tu parles elle baisait Billy Corgan, c'est une grosse salope."


Fort St Père / Samedi 16 août - 01H00



THE TING TINGS


Voilà un duo qui mollarde à tout va des hymnes disco-punk-funk antidépresseurs. Avec Jules à la batterie et Katie à la guitare/voix, la première andouille venue pensera aux White Stripes à l'envers, mais The Ting Tings se retrouvent plus dans une veine pop-dance joyeuse que dans un Icky Thump enragé.
C'est Beth Ditto sous amphet' reprenant le Hollaback Girl de Gwen Stefani, ou encore les Pipettes en jogging qui feraient les claps sur un mix de CSS. Il sera donc inutile de vous plaquer un flingue sur la tempe pour vous faire danser...*


Fort St Père / Samedi 16 août - 23H30



MIDNIGHT JUGGERNAUTS


(par RollK)

En choisissant de s’appeler « les Poids Lourd de Minuit », les Midnight Juggernauts s’affirment comme les détonateurs nécessaires pour toute fête qui se veut réussie. Ces trois australiens ont décidé de nous faire danser. Il ne s’agit plus de dodeliner de la tête au son des balades mélancoliques de Sigur Ros. C’est le monde de la nuit qui s’offre à nous. Alors préparez vous, aux alentours de 2h30 le fort risque de vaciller…

ROUTE DU ROCK 08

Hors-Série #2
-vendredi 15 Août 08-



The Story of Michka
episode two

par RollK

Michka rejoint JB. Il est allongé sur la plage, en slim noir et converse. « Qu’est-ce que tu fous en slim ? T’es au courant qu’on va jouer au foot là ? ». Michka explose de rire en découvrant le chapelet qui se balance au coup de son pote. JB semble de mauvaise humeur. Il lui lance « Tu vas pas te marrer longtemps. Ce soir il n’y a pratiquement que de la pop et de la folk. » Michka s’en fout, il va jouer au foot et ça c’est vraiment cool. « C’est pas si grave mec… On va jouer au foot, prendre l’apéro, et puis on essayera de choper des nanas ce soir. » JB est atterré. Il emmène son pote dans un festival hype, et l’autre lui parle de serrer des nanas et de picoler du pastis pour oublier les concerts miteux. Agacé, il se relève brusquement et s’avance en direction des buts, Michka sur ses talons. Il a décidé de faire dans la provoc’ et lance haut et fort : « Putain ils nous font quand même chier ces intellos de folkeux. » Pas de une, pas de deux, deux mecs arborant fièrement des t-shirts « Pop is not dead » rappliquent. « Hey les BB Brunes, c’est contre vous qu’on joue ? ». Ça commence mal. Très mal. Les mecs ont l’air un peu snob, JB semble complètement remonté. Ça risque de clasher. JB donne un coup de coude à Michka et lui lance « Vises moi ces barbus, même pas capables de s’habiller un peu classe pour une fois ! Hey les mecs on n’est pas dans la forêt canadienne ici ! ». Ça y est, ça dérape. Michka essaye de se mettre à l’écart, mais JB lui passe le bras autour des épaules. Coincé. Il veut crier qu’il n’a rien à voir là dedans, qu’entre les films de Godart, et les riffs de guitare il n’y aucun écart, qu’être intello ne veut rien dire, et que ce n’est pas parce qu’on adore le rock qu’on est un imbécile camé. Lui, il aime la musique, pour ce qu’elle est et pas pour la définition que certains peuvent en donner. Pourquoi vouloir à tout prix classer les groupes, les gens, la société ? Il voudrait être Miss France et balancer « je suis contre le sida, contre la guerre, et contre le cloisonnement musical. » Mais il n’a jamais eu de couille. C’est un amoureux de la musique. Pas un mec de gang.



ADAM KESHER

Ce sextet bordelais taillé pour la scène ébranle tous les dancefloors branchouille à grand renfort de bombes electro post-punk irrésistibles et contagieuses. Pour ne rien arranger, ils sont menés par un chanteur assez hot qui va être responsable d'une vague d'orgasmes multi-récidivistes dans la foule ce soir (je m'inclus dans ces prévisions, bien entendu). Adam Kesher, un super coup.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 02H50



NO AGE

Voici un duo issu de la scène noise de Los Angeles, véritable fourmilière de concerts all-ages et de scènes underground qui a vu s'imposer un bataillon d'excités comme Health, Mika Miko et autres hyper-actifs chevronnés.
Colporteurs inspirés du DIY, No Age font simplement la musique qu'ils ont envie d'entendre. C'est noise dans le fond, punk dans l'esprit, avec des moments pop et catchy. Pour moi, un des groupes les plus excitants du weekend.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 19H15



PIVOT

Dans un climat un peu radioactif, Pivot crée des mélodies rock instrumentales qui feraient office de bandes-sons modernes pour des films obscurs : des boucles électroniques, des samples, des impros de guitare, tous dans la nuance et dans la contradiction, dans le passé et dans le futur, dans la froideur et l'émotion.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 01H30



WHY?

Deux-trois mecs s'affairent autour d'un schmilblick sophistiqué de cordes, peaux, cloches, claviers et autres gadgets sonores sur lequel le chanteur Yoni Wolf vient poser son flow bien à lui.
C'est brillant, c'est sombre et tordu. Une pop psychédélique, toute en contrastes et déconcertante d'anti-conformisme avec ses crochets hip hop.

Candy#

Fort St Père / Vendredi 15 août - 20H35



SIGUR ROS

Il était une fois un groupe islandais qui choisit pour nom « Rose de la victoire » (Sigur Ros) et qui remporta la bataille musicale. Leur stratégie depuis leur création en 1994 ? Un soupçon de mélancolie, une pointe de grâce, un souffle éthéré, et une certaine puissance. Non contents d’avoir trouvé cette formule magique, la bande d’islandais- et particulièrement leur chanteur Jon Pop Birgisson (un carambar pour celui qui parviendra à retenir ce nom)- s’attaque à la langue. Fini l’islandais, place au volenska, une langue imaginaire qui sublime leurs compositions, et qui nous emporte loin… très loin.

RollK


BOWERBIRDS

Pour être honnête je ne suis pas tellement branchée folk, alors faute de références plausibles je vous épargnerai mes élucubrations à l'eau de coquelicot. Mais ce qui est sûr c'est que Bowerbirds m'emmènent plus loin qu'un bout de tapisserie vintage fleurie ou autre cliché pour chevelu romantique. Avec un tambour, des mélodies ravissantes et un accordéon, ces rêveurs racontent une histoire et on finit par respirer avec eux. Alors venez mais ne faîtes pas trop les morts, ça va être un peu chiant si tout le monde s'allonge par terre pour comater gentiment, une fleur dans les cheveux.

Candy#

Palais Sony Ericsson / Vendredi 15 août - 16H00

23 août 2008

ROUTE DU ROCK 08

Hors-Série #1
-Jeudi 14 Août 08-



The Story of Michka
episode one



par RollK

Les frites sont grasses, et noyées dans un mélange ketchup-mayo peu ragoûtant. Michka en a marre. Ras-le-bol des folkeux, des poppeux, des rockeux métamorphosés en hippies pour l’été. Son pote JB l’a traîné ici, et maintenant il se retrouve enfermé dans un fort en ruine. Il est 19h45 et le groupe qui a décidé de partir en croisade contre la drogue fait du revival dylanesque insipide. Les festivaliers sont en transe, eux. Lui il veut sa TV, son nouveau canapé Ikea, et une bonne salade avec du jambon de parme. On lui tape sur l’épaule. C’est JB, rouge comme un poivrot, puant l’alcool bon marché. Il tient toujours dans sa main la petite bouteille en plastique dans laquelle il a mélangé du whisky et du coca. « Putain mec je t’emmène dans un des meilleurs festivals de l’été et toi tu tires une gueule de six pieds de long ! » Ça y est c’est la crise. Il aurait du faire un effort pour son pote. Ok il n’est pas un mec cool. Ok il squatte le stand de bouffe depuis 18h30. Mais il n’en a rien à foutre lui de ce genre de réunion à la noix. « Je suis désolé… c’est pas mon truc les festivals. J’adore la musique, mais sur un Cd, chez moi. » JB lui lance un regard noir. Il a du dire une connerie. « Putain mais Micka la musique ça se vit. C’est pas un rassemblement d’alcooliques anonymes qui idolâtrent des mecs parce qu’ils savent plaquer trois accords sur une guitare. C’est autre chose. C’est une communion. Tu sais, avant, il y avait des putains de grands rassemblements religieux, des baptêmes, des crémations, des enterrements. Nous on est jeunes, on ne va plus dans ce genre de réunion parce qu’on ne croit plus. Mais ça, ces festivals que tu méprises, ce sont nos rassemblements à nous, nos messes, nos baptêmes, nos communions. C’est ma religion. » Michka lève les yeux au ciel. Ça y est il n’est que 20h30 et il est complètement beurré. JB continue sa litanie sirupeuse. Lui, il n’écoute plus. Soudain une petite voix s’élève. Une voix féminine, éthérée. Il se sent ému. Il regarde vers la scène, et comprend soudain toute la magie d’un concert. Là, devant lui, il n’y a qu’une petite nana et un mec avec des instruments. C’est un chant sacré. Il se tourne vers JB et lui lance : « Ok. Une religion. »



FOALS



(par RollK)

Il est temps pour les Foals de changer leur nom de groupe. Ils ne sont plus de chétifs poulains (foals) britanniques, mais de véritables pur-sang participant aux compétitions internationales. Machine à produire du rêve, Foals a pour tête pensante un camé de la créativité: Yannis Philippakis. Addicts à la jeunesse, accros à la folie, ces mecs d'Oxford n'ont aucune limite et un seul but: devenir les messies du math-rock. Objectif accompli. Succession de savantes équations musicales, leurs morceaux nous tirent de notre léthargie et nous poussent sur la piste de danse. Les voici prêts pour remporter la médaille Fields.


(par Candy#)

Ils se tenaient initialement à l'écart de la hypitude londonienne, avec coupes asymétriques et passage obligé par la couv' du NME. Pour ceux qui font "maintenant-ils-sont-connus-c'est-naze", mordez donc dans vos lunettes de branchés style-genre, vous vous êtes plantés.
Foals, ce n'est pas que le cocktail qu'on retrouve dans n'importe quelle teenage party décente. C'est d'abord une base math-rock affublée d'une armada d'influences hors-normes : afro-beat, techno, classique, dance, post-punk et pas mal de weed, aussi.
Sur scène ils sont serrés comme des sardines dans la metal box de P.i.L. et ce n'est plus un secret, c'est un des meilleurs lives du moment.




THE WAR ON DRUGS


(par Mlle Riposte!)

Dans les années soixante-dix, le président Nixon proclama à la jeunesse américaine endormie sous les volutes des fumées acides et colorées, la guerre aux drogues... Nous voici à la fin de la décennie 00's et le problème serait il encore si lourd pour qu'un groupe s'entiche du slogan "THE WAR ON DRUGS".

Imaginez la pâle figure d'un Bob Dylan au matin du 10 août 1969 à l'annonce du massacre de Sharon Tate et cie orchestré par Charles Manson et vous aurez la nuance du kit "The War on Drugs". Une pop folk assombrie par des orgues critiques et un effet d'écho/réverbération qui tendent à l'orage d'été. Chez "War on drugs", on y retrouve l'harmonie du superbe "Intervention" d'Arcade Fire mêlée la folle vague froide de Suicide.

Fort St Père / Jeudi 14 août - 19H15




FUCK BUTTONS


(par Candy#)

Ces deux weirdos sont capables de compositions empreintes d'une détresse singulière et sans délivrance : synthétiseurs mélancoliques, vagues électroniques stridentes, tintements de cloches innocents... des berceuses angoissantes auxquelles s'ajoute un son saturé tout droit sorti d'une vieille baffle pourrie, puis éclatent sur des cris hardcore étouffés dans un micro cheap, et c'est reparti pour un tour... Une déferlante cyclique et sublime qui vous rend étrangement nauséeux.

Palais Sony Ericsson / Jeudi 14 août - 17H25




Criant
Orgasme
Long Beach
Destroy

Wah Wah
Atmosphérique
Rock

Karsher
Icône radio
Delay
Soul

Fort St Père / Jeudi 14 août - 01H20



TINDERSTICKS


(par Mlle Riposte!)

Stuart Staples est un crooner à la voix grave et torturée, ce qui donne à Tindersticks cette touche de miel aigre. Les guitares ont le son du terroir que nos camarades du groupe folk The Missing Season dont les compositions d'un romantisme rude nous ont acclimatés depuis quelques temps. Tindersticks produit ce genre de Murder Ballads qui vous accompagneront au gré du crépuscule...

Fort St Père / Jeudi 14 août - 22H00



THE BREEDERS


(par Mlle Riposte!)

Qu'est-ce qu'ils viennent foutre ici ces ringos des 90's?
Les clichés me reviennent à l'esprit : les converses basses, les jeans neiges troués, les tee-shirts "Sonic Youth" de cette jeunesse mal coiffée qui a du mal à s'envoyer en l'air... Bref encore un truc chiant qui me rappelle les vieux magazines que feuilletaient mes frangins en pleine époque "Rock n'roll is dead!".

Fort St Père / Jeudi 14 août - 23H40



THE DODOS


(par Mlle Riposte!)

La chanson à choper sur MySpace : The Dodos_Trades and tariffs.
On aime parce que c'est cinq minutes de légèreté. Dès l'intro, la minimaliste batterie et la mélodie inspirée d'un folklore lointain pourront vous emporter je-ne-sais-où. Le détail qui tue, c'est l'ajout d'une guitare noise pour la touche sombre et le jeu de question-réponse, dans un premier temps entre chant et contre chant, puis entre guitare solo et batterie sans perdre le fil de la chanson... un air joyeux et estival à entonner sur le quai du métro lorsque vous serez de retour à la ville.

Palais Sony Ericsson / Jeudi 14 août - 16H00



NINA NASTASIA


(par Mlle Riposte!)

Nina Nastasia ne connaît pas la fameuse graisse "Fast Fret". Oui, j'avoue que ce grincement que produisent les doigts sur les cordes d'une guitare me sont aussi insupportable qu'une cuillère qui gratte le fond d'une casserole... Je ne suis pas maniaque mais c'est le premier détail qui agace dans la sirupeuse folk de cette artiste nouille-orquaise. Une folk un peu trop discrète, un peu trop raffinée risque de transformer en ascenseur la plage, en espérant que Notre Drame de Bon Secours vieille sur nous.

ROUTE DU ROCK 08

Toutes les photos du shooting pour les couvs spéciales Route Du Rock sont visibles sur Flickr : cliquez ICI

24 juil. 2008

SUMMER IS CRAZY

Une interview inédite pour vous faire patienter en attendant de nous retrouver à la Route du Rock...

HEALTH



Rennes, le 5 juin dernier, on emmène les Californiens de Health derrière l'Ubu; moi je voulais les parquer dans un coin sombre mais on se plante gentiment sous un lampadaire, loin de la cacophonie de la salle où, dernière soirée de la saison oblige, l'ambiance oscille entre l'amertume des fidèles et l'excitation générale à l'approche du -très annoncé- Summer of Looove.
Donc, on finit notre verre en pestant contre le dictaphone, sous l'oeil amusé quoique soupçonneux des intéressés.

Mademoiselle Âge Bête : Alors vous venez de la West Coast?
Health : Ouais! West Siiiiide! Vous savez quoi sur la West Coast?
MAB : Oh c'est un cliché pour nous.
JOHN :C'est vrai que c'était un grand truc dans les 90s, c'est dépassé maintenant. C'est comme nos clichés sur les français, on vous imagine tous en train de dire "Sacrebleeuuu!"

Jake rapplique, le nez dans sa capuche et la clope au bec :
"Salut! Je viens fumer dehors!
John : Tu t'es fait jeter avec ta clope?
Jake : Ouais! Alors que tous ces enculés fument à l'intérieur!
John: Tu peux plus fumer nulle part?
MAB : Nan c'est une saloperie de nouvelle loi.
Jake : Quand tu joues c'est chiant tu peux même pas prendre une clope.
Jupiter : Je suis sûr que la prochaine question parle de la cigarette.

MAB : Non c'est à propos de vos goûts musicaux et influences...
John : C'est beaucoup de rock'n'roll, des trucs intenses des 60s, tous les classiques comme Black Sabbath, Cream, The Doors, Led Zeppelin, on aime beaucoup le punk, le hardcore, le métal, des groupes actuels comme Animal Collective, et aussi Television, Gang Of Four, des groupes post punk.
Jupiter : Quand on a commencé on était post punk. On adore PiL. Et Guns'n'Roses!

MAB : Comment est la scène de L.A. aujourd'hui?
John : On n'y a pas mis les pieds depuis 5 mois, on ne sait pas trop ce qui s'y passe. C'est beaucoup dans l'esprit DIY, il y a beaucoup de concerts underground, c'est all-ages, il y a plein de gamins, et plein de groupes qui jouent 4 ou 5 fois par semaine.

MAB : Votre musique est pleine d'influences différentes...vous pouvez nous expliquer votre son, le bordel que c'est?
Jupiter : Euh je vais me chercher une bière...

MAB : Vous vous définiriez comment?
Jupiter : On est plutôt math-rock en fait, avec un côté flash, assez heavy.

MAB : Quelle réaction vous cherchez à provoquer chez votre public?
John : Nous on fait de la musique intense. T'en fais ce que tu veux, tu délires, tu danses, tu entres en transe, tu te barres...
Jupiter : On espère que les gens se sentent mieux en sortant du concert. Tu as passé une journée de merde, tu viens et tu oublies tout.
John : C'est pour ça que ça doit être fort, intense, et dingue.

MAB : Quelque chose à ajouter?
Jake : Go France! I love you France!
John : Hey, french girls, my myspace adress is... t'enregistres toujours? Ok viens on va chercher des bières.

Candy# & Mlle Riposte!


Health on MySpace

26 mai 2008

M.A.B.#8




LOULOU PICASSO
Un Jeune Homme Möderne


M.A.B. a rencontré l'artiste Loulou Picasso suite à l'exposition rétrospective sur les années post-punk françaises à la Galerie du Jour-Agnès B. à Paris, "Des Jeunes Gens Mödernes". Loulou Picasso est le co-fondateur du collectif Bazooka et témoin actif de cette déferlante créative. Nous avons aussi souhaité lui donner carte blanche pour illustrer la quatrième de couverture du fanzine, et maintenant voici l'entrevue à lire -bien entendu- d'un oeil möderne.




MAB : pouvez-vous nous raconter votre parcours d'étudiant et comment s'est créé bazooka production?


LOULOU : Bazooka est un groupe qui s'est formé aux Beaux-arts de Paris en 74. Moi j'avais déjà fait les Beaux-arts de Rouen, donc je venais à paris pour une vraie spécialisation. Je pensais que c'était l'échelon au-dessus, et en fait je suis arrivé à Paris et l'école des Beaux-arts était en vraie déliquescence depuis 68, ça n'avait pas été restrucuturé et c'était une ambiance très libertaire qui n'avait aucun enseignement rigoureux de mis en place, donc tu étais assez livré à toi-même.
J'ai rencontré dans un atelier de dessin des gens avec qui je partageais les mêmes goûts musicaux, les mêmes goûts soit au niveau de la bande dessinée soit de la peinture. J'ai tout de suite rencontré Kiki -Christian à l'époque- et Olivia qui sont devenus Kiki Picasso et Olivia Télé-clavel. Tous les autres membres du groupe viennent de cette école-là.
Moi quand j'étais à rouen j'étais très branché musique. À Rouen ceux qui allaient devenir les Olivensteins étaient des amis de lycée, on était en terminale ensemble.
Et les gars des Dogs aussi.
Enfin si tu veux c'est un peu l'équivalent de ce que vous faîtes aujourd'hui, d'être comme ça dans une mouvance rock, underground etc. Sur Rouen je faisais partie de ce petit noyau-là. L'intérêt aussi d'être à Rouen c'est qu'on avait l'habitude d'aller prendre le ferry à Dieppe et d'aller à Brighton en concert, et de revenir pratiquement dans la nuit, de se faire des week-ends comme ça.
À l'époque on écoute beaucoup le Velvet, les trucs de Eno, son album seul, les débuts de Roxy Music ou vraiment en expérimentation chez zappa aussi. Moi je suis très fan de John Cale le violoniste du Velvet.

L'idée de Bazooka c'était pas de faire comme beaucoup de gens dans les années 70 qui voulaient investir la rue, faire du spectacle de rue, faire de la performance dans la rue, nous ce qu'on voulait faire c'était investir les médias. C'est-à-dire se servir des journaux comme support de création.
Donc on a essayé de faire un premier journal nous-mêmes et de l'éditer dès la première année où on était aux beaux-arts, on a pris le nom de Bazooka. Mais au niveau financier on s'en sortait pas. On dépensait toutes nos économies à acheter le papier, on allait chez Turmel à Rouen sur son offset -Turmel c'est celui qui avait sordide sentimental, qui a sorti des disques de joy division, un mec bien pointu. On imprimait tout en offset, on revenait à paris, on mettait ça en vente-dépôt mais quand tu fais de la vente-dépôt t'as jamais les sous qui tombent ou tous tes exemplaires ont été volés. Donc on s'est dit que le truc le plus judicieux c'était d'investir les médias mais pas d'être illustrateur dans la presse, pas de prendre un boulot de pigiste ou de bouche-trou, mais de réussir à avoir de grandes pleines pages et d'annexer le journal d'une certaine façon.
À libération on avait été engagés pour faire les bouche-trous. T'as toujours des blancs dans les bas de colonnes, il manque une illustration etc. Il leur fallait des gens très réactifs au niveau dessin. On a commencé par faire ça mais petit à petit on a repris en main la maquette.


MAB : Mais ça c'est passé comment parce que c'est mythique l'histoire de bazooka qui fout la merde à libération?


Ça s'est passé de façon très très tendue; ce travail de venir tous les jours à Libé on l'a fait pendant six mois. Au départ on faisait des dessins juste où il y avait des espaces blancs pour finaliser la maquette et petit à petit, comme on était un peu héritiers de la figuration narrative qui s'intéressait vraiment à l'image sociale, à l'image d'actualité, on s'est mis à reprendre systématiquement les photos qui tombaient à l'AFP et qui étaient mises dans le journal, et à mettre le dessin à la place de la photo. On a fait des numéros entiers où tu n'avais plus une seule photo.

MAB : Et la réaction de Serge July?

LOULOU : Il était tout à fait pour. Si on n'avait pas eu son soutien on n'aurait jamais pu faire ça. Mais par contre on avait des vrais problèmes avec les secrétaires de rédaction et les différents chefs de rubrique parce que souvent on faisait sauter leurs titres. On a eu des vrais problèmes aussi avec les militants de gauche dure de l'époque parce que nos provocations ne les faisaient pas rire.

MAB : Comme "si votre fils est gai c'est qu'il est communiste"?

LOULOU : Non ça, ça faisait rire tout le monde parce qu'à l'époque chez les gauchistes personne n'est pour la parti communiste. C'est assez drôle parce que la première reconnaissance que l'on a eu ça a été justement en 77 ou 78, on a reçu le prix avant-garde des jeunesses communistes.
On avait aussi des tensions avec les gauchistes qui étaient passés à quelque chose de beaucoup plus violent, beaucoup plus radical. On s'est fait casser la gueule deux, trois fois en comité de rédaction. le lendemain d'un cassage de gueule on avait sorti un numéro qui était assez drôle : le journal était sorti avec des pavés noirs sur lesquels c'était marqué deuil national et en dernière page on expliquait pourquoi on était en grève.

MAB : Mais d'où vient le nom de Bazooka?

LOULOU : Le nom de Bazooka il est dans une droite ligne du rock progressif. je me rappelle des trucs de Roxy Music, qui sonnait très exotique nous on voulait un nom qui soit à la fois violent et qui ait une connotation très syllabique. Donc Bazooka s'est imposé très vite. on a ajouté production comme Walt Disney Productions, pour bien montrer que c'était une seule production, ça fait très société industrielle.

MAB : Et les pseudonymes de Picasso?

LOULOU : C'était justement pour se différencier parce que moi je travaille beaucoup avec Kiki -quand on était à Libé on travaillait vraiment en binôme. L'idée derrière c'était les neveux de Donald qui se mettent à la peinture d'histoire, ça avait un côté rigolo. Kiki et Loulou ça marchait bien, une image tout à fait pop, ça faisait penser à Lichtenstein. Les sales neveux de Donald qui se mettent à faire de la peinture sérieuse. Et Picasso avait aussi une connotation à l'époque de faire du n'importe quoi, on disait "il fait du picasso". On n'a eu des problèmes avec la famille que beaucoup plus tard.

MAB : Et par rapport à Un Regard Moderne, quelle est votre définition de moderne?

LOULOU : Nous comme on est un peu avant les punks on a le même lapsus de modernité, c'est-à-dire que quand tu te balades dans la ville à la fin des années 70 tout est moderne, c'est comme 2000, optic 2000, donc le pressing moderne, garage moderne, café moderne, mais la ville n'est pas moderne. Au départ ça avait un côté ironique par rapport à ce mot. Et en même temps à la fin des années 70 la modernité c'était quelque chose d'indispensable, on est vraiment dans une société de progrès et tout doit être moderne. Nous on utilise ce mot-là mais pour marquer une vraie rupture. C'est comme ça qu'on a pu faire des trucs comme "Mon papi s'appelle art moderne mais je ferai mieux que lui", ce sont des trucs de 77, ça passe vraiment pour des trucs post-modernes. C'était pour se différencier. Même au niveau du paysage, au niveau des jeunes tout le monde est baba, très roots, donc en portant un badge avec marqué moderne ça fait un décalage. Bazooka a commencé en 74-75 et quand les punks sont arrivés en 76 on s'est reconnus.


MAB : Et au niveau du contenu de la revue Un Regard Moderne?


C'est là aussi où on s'est retrouvés, on regardait énormément de documents auxquels on n'avait pas beaucoup d'accès, on a beaucoup regardé ce qui se faisait chez les constructivistes russes, toute la période de vrais révolutionnaires, c'est là où on trouve notre côté beaux-arts, on a une vraie notion d'avant-garde. Tu peux pas te permettre de reproduire ce que tes profs te montrent, tu dois aller chercher toi-même autre chose. Donc on a beaucoup regardé ce qui s'est passé en allemagne avec le Bauhaus, dans la presse des années 40 chez les américains, et les maquettes étaient en fonction des influences etc.

C'était beaucoup moins de texte que la presse. À l'époque ce qui nous intéresse c'est d'avoir une pleine page, de faire vraiment une belle image. Et généralement ce sont des collages, de l'association d'idées. Des sortes d'oeuvres qui se tiennent par elles-mêmes même si elles sont faites de bouts non identifiables. Il y a toujours une part d'actualité et puis au niveau du contenu, toujours ce que l'on vit dans le présent qui apparaît. Une sorte de mélange entre le journal d'info 70 et le journal intime. Si tu regardes un peu sur bazooka les trucs écrits c'est la vie sexuelle, la vie à l'intérieur des beaux-arts, les problèmes avec la dope, les compte-rendus de concerts. On voulait faire un journal pour notre génération. On devait avoir vingt ans, on a été interdits aux moins de 18. C'était vendu derrière le comptoir et ça nous coupait une partie de notre public. C'est très bizarre pour des jeunes d'être interdits aux plus jeunes mais ça a renforcé notre détermination.
Avant le Regard Moderne on avait fait un truc qui s'appelait Activité Sexuelle Normale, qui est le deuxième journal qu'on avait fait on était encore aux Beaux-arts, interdit aux moins de 18 ans alors que franchement c'était léger. Mais par contre il y a eu des provocations à l'intérieur même de Libé, ça marcherait plus aujourd'hui.
C'est là où on fout la merde dans toute la merde, c'est de l'agitation.
Si tu regardes les trucs de Bazooka, c'est vachement sensé, il y a un fond c'est pas du pur délire c'est pas de la déconne, c'est même le principe de montage ou de découpage, tu gardes vraiment l'essentiel, tu découpes dans la photo ce qui t'intéresse, tu découpes dans le slogan ce qui t'intéresse, dans le texte c'est pareil c'est le principe de cut up, tu gardes les mots vraiment forts. Et même quand tu écris toi-même tu écris 3 lignes, on se forçait à faire des petites poésies. Et en même temps c'est très marqué par la dope.
C'est là où est très proches des trucs qu'écrivait Burroughs, il fait du cut up, enfin ces poètes américains. Ou même Patti Smith à ses débuts. Cette espèce de poésie psychédélique hallucinée.

MAB :Par rapport à la rétrospective des Jeunes Gens Modernes (expo) vous les avez vécu comment ces années? Comment le punk a débarqué à Paris?

Dans Bazooka il y avait déjà un peu de mouvement et on était tous dans un appartement qui était à République, donc on était vraiment près du Gibus, et les gens passaient chez nous avant d'aller aux concerts. J'étais très ami avec Elli Medeiros, les Stinky Toys étaient souvent à la maison, et il y avait beaucoup de pré-punks, de petits punks comme Edwige. Enfin Edwige, Dominique Fury, le groupe Luv, qui n'ont jamais rien foutu mais qui sont devenus mythiques. On les connaissait bien. Quand les premiers groupes punks sont venus, BSiouxsie et les Banshees sont venus à l'appart on les a hébergés, quand James Chance est venu à Paris je l'ai hébergé. Je faisais les disques Sordide Sentimental à Rouen, on faisait aussi les pochettes pour Marc Zermati qui faisait Skydog.
À cette époque là on est de tous les concerts, on va voir les sex pistols à Châtelet-du-lac, c'est à ce moment-là que le Palace s'ouvre et les Bains Douches aussi.
On fait l'ambiance un peu comme ce que vous devez connaître, on est les petits jeunes branchés. Il y a des gens qui viennent nous voir, on s'amuse dans les boîtes.

MAB : Et de cette époque là vous en gardez quoi musicalement, comme meilleur souvenir?

Vraiment de concert d'émergence moderne, c'est PiL, Public Image, c'est vraiment au-dessus du lot parce qu'en plus le disque sert à une vraie cassure, Johnny Rotten qui dit que bon maintenant il développe l'image publique, une façon d'appréhender la récupération, de dire c'est ok pour la récupération mais c'est en ma possession.

MAB :Un mois après le vernissage, le bilan?


Ça fout un coup de rétroprojecteur sur notre travail. Là je retravaille avec kiki et on refait toute une série de planches. on va faire un album qui va paraître aux éditions L'Association. il va sortir en 2009. En même temps qu'une expo à art factory. L'expo a été déclencheur, histoire de se replonger dans la façon dont on travaillait et essayer d'apprécier, d'être aussi pugnace par rapport au monde actuel.


MAI 68

" Qu'est-ce que tu vas faire dans la rue fiston?
- Je vais aller faire la révolution! " Ainsi chantait Évariste, humoriste des années psychédéliques françaises dans sa comptine folk post soixante-huitarde néammoins déglinguée. En ce moment, les médias et même la publicité nous resservent de la chair à pavé. Mais que ce brûlant mois de mai nous a t-il apporté? Et pourquoi fascine t-il toujours autant?

Alors que les Etats-Unis défendent leur nonos-à-moelle qu'est le Viet-Nam, la jeunesse américaine prône amour libre, pacifisme et vie communautaire (le communisme à l'américaine? sic). En Europe, à Prague, on lutte pour un socialisme à visage humain alors que de l'autre coté du rideau de fer, la jeunesse française potasse bêtement le Petit Livre Rouge du dictateur Mao. Tant de confusion...

Au final, Mai 68 serait devenu une sorte d'emblème un peu franchouillard qu'on se transmet de génération en génération, à grand renfort d'images, et de slogans. J'ai souvent entendu dans le milieu étudiant, à l'époque des grèves, certains cons s'exclamer "Oh, c'est cool! C'est comme en 68!". (soupir...) Non, je suis désolée de vous le dire mais j'en ai rien à cirer de cette commémoration de Mai 68. C'est du passé... Ok, on a pu aquir des droits grâce à ça : on est peut-être plus libre de gueuler, de baiser, et d'agir... mais bon marre de voir des gens s'extasier sur les reliques d'une "révolution manquée qui faillit renverser l'histoire".*

Cette génération fascine de par le fait que la jeunesse - "victime" de la société réactionnaire - à su se libérer des geôles de la censure. De cette libération des moeurs et de la culture, il ne nous reste plus que : de jolies images de filles en mini-jupe pour illustrer sa page myspace; des reproductions des sérigraphies d'Andy Warhol à afficher dans son salon; des vidéos d'archives de l'INA que l'on idéalise sur Youtube; des hymnes psychés rock à la Pierre Henry pour faire danser les gens. F**K! Dans une France où tout va si mal, on se met à idéaliser le passé pour se cacher les yeux sur le présent. Plus personne n'a les couilles de se rebeller car si le monde pétait vraiment, ce serait si dommage de se retrouver sans son petit confort. Sic!

Mademoiselle Riposte!



LET'S BITTER CINEMA


On va jouer au jeu des devinettes pour trouver le nom d’un groupe myspacien- et pour déterminer lesquels de nos lecteurs sont les plus calés en pages myspaciennes :

Les membres du groupe sont potes avec les Clarky Cat (pour ceux qui sont déjà perdus, merci de vous référer au précédent numéro de MAB, article « Clarky Cat »)
Ils sont de Sheffield (tout bon groupe myspacien doit avoir un pied d’attache en Angleterre, que ça soit une maison, des potes, une ex-femme ou des myriades de copines à tendance groupies)
Le chanteur s’appelle Chris Hutchinson, et s’occupe aussi du synthé et de la basse
Ils ont joué avec nos chouchous les Teenagers.
Ils veulent sortir un album (oui ça ce n’est pas très original...)
Ils ont déjà regardé une étape du Tour de France.
Le suspens étant vraiment trop grand, j’abrège ce questionnaire et vous révèle le nom de ce groupe ultra-super-inconnu qui diffuse ses chansons sur la toile, et commence, tout de même, à prendre un peu d’ampleur : Lets Bitter Cinema (ou LBC pour les intimes). Ces coquins d’anglais (coquins ici ne voulant pas dire « cochon salace » mais plutôt jeune anglais arrogant se revendiquant de la mouvance ô combien trop convoitée de l’electro-post-punk) réveillent les petits démons qui se cachent en nous.


A l’écoute de leurs morceaux- et surtout lorsque C.H. chante « Vienna, I love ye, remember ! », on a juste envie de : sauter sur un lit, s’ouvrir les veines, boire des pintes avec les potes, faire une énorme soirée, traîner en mini-jupe, partir en road trip aux USA, tout plaquer, tout quitter et vivre notre jeunesse comme il se doit (ces actions ne sont pas forcément à effectuer dans cet ordre précis. Il serait par exemple préférable de s’ouvrir les veines après les avoir toutes accomplies).
Certains diront que leur son n’est pas abouti, que le chanteur chante faux... Mais c’est peut être leur maladresse qui les rend si attrayant. Sans la rigoureuse puissance musicale des Foals, sans l’excentricité des Clarky Cat, les LBC mise tout sur la surprenante violence de leurs chansons. C.H. semble vomir ses paroles en un flot continu. Ça ne nous donne pas vraiment envie de danser, certes. Mais au moins l’on (re)trouve cette rage de vivre, cette frénésie délirante, qui donne à la vingtaine toute sa beauté.
Est-ce que la musique rock-eclectro-punk serait l’apanage de la jeunesse ? Non, mais la folie, elle, l’est peut être.

RollK


COURT-CIRCUIT ET GRAFFITI




En mai, ça court-circuite à Rennes avec le festival MicroParty les 22 et 23 mai. Basé sur le thème des musiques électroniques expérimentales, vous pourrez voir des musiciens bricoleurs de jouets et autres jeux vidéos... et même apprendre à transformer votre "dictée magique" en Cindy Sander puissance 1000 puisque des ateliers seront proposés à l'université Rennes 2. Niveau show, une soirée gratuite le jeudi avec le fameux Je Deviens DJ en 3 Jours ainsi que le vendredi soir, re-belote au Jardin Moderne avec Computer truck, Sidabitball, Ben et Bene... Affaire à suivre dans le prochain numéro.


N'oubliez pas l'expo retraçant les 20 ans de graffiti des artistes HNT/POCH/RCF1/STAK au Delkographik Studio, il s'agira non pas d'une rétrospective mais d'un accrochage de leurs travaux actuels et c'est du 17 mai au 17 juin.

Mlle RIPOSTE!


FRANCE SAUVAGE

1er mai 08 - La Bascule


On ne remarque pas tout de suite l'absence de rythmique chez ce groupe expérimental.
Nos pieds tâtonnent timidement par terre, cherchent le beat à travers les bourdonnements et les modulations angoissantes des synthétiseurs.
Ça sonne parfois comme une berceuse hypnotique, ensuite c'est un vacarme assourdissant de vibrations qui vous prennent aux tripes, puis un nuage d'oiseaux métalliques vient planer au-dessus de vos têtes.
D'abord ça vous glace le sang et l'instant d'après vous bouillonnez de l'intérieur.
Imaginez la pluie qui tombe dans des bouteilles de verre comme dans une intro de These New Puritans. Partout, des sons de soucoupes volantes, un armada de bips et de sifflements dignes des élécubrations robotiques d'un R2D2 à l'agonie ou d'une radio bien détraquée.

Candy#



DIGGER & THE PUSSYCATS


//cliquez sur l'image pour lire l'interview//

6 avr. 2008

M.A.B. Party

Samedi 05 avril 08 // Le 1929